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05/09/2010

Mickael Burn ( 1912-2010)

Nous avons appris par notre ami James Dorrian la disparition de Micky Burn. Les membres du Centre de Recherche & Diffusion de l'Identité Bretonne - CREDIB Sant-Nazer - sont très touchés par le fait d'avoir été les premiers en Bretagne a être prévenu de cette triste nouvelle.

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Micky photographié en 1998 à Beudy Gwyn  - Archives James Dorrian -

Micky Burn était un grand britannique qui montra beaucoup de courage lors de l'opération Chariot. Journaliste, poète et écrivain, il avait trouvé le repos de l'esprit au milieu du peuple gallois. Il habitait depuis plus de 60 ans à Penrhyndeudraeth (nord de Cymru) au milieu d'une nature merveilleuse. Cet Anglais était devenu un Gallois de cœur entouré de voisins parlant gallois. Le documentaire « Turned towards the sun », la vie extraordinaire de Michael Burn est actuellement en cours de production. Basée sur son incontournable autobiographie, elle racontera avec des détails incroyables et inédits la vie de ce héros de l'opération Chariot ( Sant-Nazer, 28 mars 1942).

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Il laisse un souvenir très fort ici à Sant-Nazer / Saint-Nazaire. En mars 2009 il était revenu en Bretagne avec l'équipe qui réalise le documentaire sur sa vie. Aux Bretons qui l'interrogeaient sur ses exploits, il répondait dans un très bon français qu'il n'avait rien fait d'extraordinaire. Pour lui, comme pour ses frères d'armes qui sacrifièrent leur vie lors du raid sur Saint-Nazaire, la liberté n'a pas de prix et combattre pour la sauvegarder va de soit. Qu'une rue de Sant-Nazer porte son nom serait un hommage collectif à tous ces braves de l'Opération Chariot qui tombèrent pour la liberté.

Kenavo Micky

Début juillet notre ami James Dorrian donnait des nouvelles de Micky. A travers ces quelques lignes ont mesure une nouvelle fois la force de caractère du personnage ( extrait du blog de James traduit par Yvette Daniel):

Nous avons passé le samedi avec Micky Burn, qui a maintenant quitté l'hôpital et est soigné à domicile. Pour quelqu'un qui a eu une attaque, ses capacités intellectuelles demeurent stupéfiantes, et, à près de 98 ans, une mémoire des évènements passés, et passés depuis longtemps ! qui nous rend penauds. Il passe beaucoup de temps dans son lit, et il faut dire qu'il y a quelque chose de tout à fait décadent, adapté à la situation, dans la manière qu'il a de donner des ordres dans sa position allongée - comme un Auguste des temps modernes réclamant le retour, non des légions perdues, mais de son autonomie physique.

Je ne sais pas ce qu'il y a dans ces gars des Commandos : mais là où le commun des mortels en arrive à compter sur cachets et potions pour garder ensemble l'âme et le corps, eux jouent sur une espèce de refus catégorique, qui, au départ, à fait d'eux une élite. Dommage qu'on ne puisse pas mettre çà en bouteille : quel monde nous aurions alors...

17/08/2010

Lluís Companys, dalc'homp soñj

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Visuel créé par Mikael Bodlore-Penlaez à la demande du CREDIB pour la journée d'hommage en terre bretonne à Lluís Companys. Il a été distribué à la délégation catalane sous la forme d'un autocollant.

Hommage britto-catalan à un grand résistant

A coté des gerbes de la Generalitat de Catalogne, de la Comissió de la Dignitat et de celle de la Ville de La Baule / Ar Baol, celle de l'Institut Culturel de Bretagne / Skol Uhel Ar Vro portait l'inscription « Dalc'homp soñj » : Souvenons- nous, en hommage au président catalan, Lluís Companys, qui fut lâchement assassiné par l'État franquiste espagnol le 15 octobre 1940 à Barcelona. En ce 13 août 2010, les visages de nos amis catalans étaient graves mais dans leurs yeux brillait la fierté d'appartenir à une nation qui a résisté à la barbarie fasciste, à l'image de Lluís Companys qui avait été un modèle de dignité et de courage face à ses bourreaux.

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Avant la cérémonie officielle présidée par le vice-président de la Generalitat de Catalogne et le maire de La Baule / Ar Baol, la délégation catalane a eu un échange très chaleureux avec les Bretons présents devant la villa « Ker Imor Vad » où fut arrêté Lluís Companys par la Gestapo. Le propriétaire de la dernière demeure du président de la Generalitat proposa très gentiment de faire visiter le rez-de-chaussée où vécut Companys avec sa femme et son neveu. La télévision catalane en profita pour faire quelques plans dans les pièces qui n'ont pas été modifiées depuis les années 1930. Était aussi présent un ancien républicain espagnol qui avait fait le voyage de Paris avec sa fille pour être avec ses frères catalans. Monsieur Serrano, originaire de Tolède, avait 17 ans en 1936 quand il prit les armes contre les franquistes. Il avait écrit sur un carton en catalan et en espagnol : «Annulation du jugement contre Companys».
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Au moment de dévoiler la plaque en l'honneur de Lluis Companys, deux sonneurs du Bagad Ar Poulligwenn ont interprété "Boked Eured" pour saluer la mémoire du président de la Generalitat. Dans leurs interventions, le vice-président de la Generalitat, Josep-Lluis Carod-Rovira, et le maire de La Baule / Ar Baol, Yves Métaireau, insistèrent sur le fait que Lluís Companys défendit avec détermination, la démocratie et la liberté.
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Dans l'après-midi, les membres du CREDIB et de l'ICB ont fait découvrir à leurs hôtes catalans la «Villa Caroline» où Lluís Companys a été emprisonné par les nazis durant 8 jours . Si c'est un hôtel depuis les années 1950, en 1940 c'était la Kommandantur. La journée a été riche en échanges entre Catalans et Bretons. Le projet du CREDIB et de l'ICB d'organiser à La Baule / Ar Baol en 2012 un colloque autour de la personnalité de Lluís Companys semble en bonne voie, d'autant que la Generalitat de Catalogne et la Ville de La Baule / Ar Baol ont manifesté leur soutien pour cette manifestation culturelle britto-catalane.

Ar Baol / La Baule était le premier rendez-vous d'une série de manifestations organisées jusqu'en octobre pour rendre hommage à Lluís Companys. Le 18 septembre, la prochaine étape mémorielle aura comme cadre l'ancienne Délégation Générale de Sécurité à la Puerta del Sol (1) Lluís Companys fut torturé pendant 5 semaines. Pour le moment, les responsables politiques de Madrid ne semblent pas déborder d'enthousiasme pour saluer la mémoire de ce grand résistant catalan à la barbarie totalitaire. Devant cette attitude, Toni Strubell de la Comissió de la Dignitat, a déclaré à la presse : « Il est important de faire connaître ces faits aussi exécrables que la torture et la mort d'un président démocratiquement élu ».

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En compagnie de J L Carod-Rovira, Josep Cruanyes, de la Comissió de la Dignitat remet le portrait de Lluis Companys au maire de La Baule/Ar Baol -Photographie Comissió de la Dignitat -

Nos amis catalans de la commission de la dignité relatent magnifiquement l'étape bretonne sur leur site http://www.comissiodeladignitat.cat/

Hubert Chémereau

  1. l'ensemble de ces bâtiments sont la propriété de la communauté autonome de Madrid  -gouvernée par une droite conservatrice qui a encore du mal à condamner clairement le franquisme-

03/08/2010

Lluís Companys e Breizh

Au cours de l’été 1939, Lluís Companys, premier président élu de la Generalitad de Catalogne, trouve refuge dans la station bretonne de la Baule / Ar Baol. En  juin 1940, la police franquiste à ses trousses le cherche en vain à Paris. Le président de Catalogne a trouvé un temps le repos avec sa femme et un neveu au 5 avenue de Ploërmel dans la villa Ker Imor Vad qui signifie la demeure de la bonne humeur. En 2005, le fils des propriétaires de cette maison de style néo breton, jeune adulte en 1940, se souvenait encore bien avoir côtoyé Lluís Companys.

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Pourquoi Companys est-il resté à La Baule au lieu de
fuir l’avancée nazie ?

Ayant quitté Paris, il pensait mettre son fils atteint d'une grave maladie mentale au centre marin de Saint-Goustan du Croisic. Selon certaines sources, Lluís Companys refusa la proposition de militants nationalistes bretons de partir pour l’Irlande à cause de son fils qui était toujours dans un établissement de la région parisienne. Cette offre n'est pas surprenante quand on connaît en particulier l'aide apportée par Yann Fouéré, en tant que haut fonctionnaire, à des membres du gouvernement basque. Ce militant breton put fournir des papiers au président d' Euskadi, José Antonio Aguirre, qui allait gagner avec sa famille les USA après une longue errance à travers l'Europe. La proximité du port de Saint-Nazaire / Sant-Nazer et ses liaisons transatlantiques en direction de Cuba (1) et de Vera Cruz peut être aussi une raison de la présence sur la côte du sud de la Bretagne du président catalan.

Interrogé en 2008, le directeur des Archives départementales de Loire-Atlantique (2), signalait dans un courrier : « une fiche est conservée au nom de son épouse COMPANYS née BALLESTER Carmen, sous la cote provisoire 3008 W6. Cette fiche renvoie à un dossier actuellement en cours de classement. Il s’agit d’une demande de carte de séjour datant de janvier 1942 où il est mentionné qu’elle est la veuve de Louis COMPANYS et qu’elle réside avenue de Ploërmel à La Baule ».

Ker Imor Vad

Lors du ravalement la façade de la villa, l'inscription Ker Imor Vad a été malheureusement recouverte par un enduit.

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Refusant d'abandonner son fils, Lluís Companys sera arrêté par la Gestapo le 13 août 1940 dans la villa Ker Imor Vad. Les nazis sont accompagnés de Pedro Urraca, agent franquiste de triste mémoire. Ce sinistre personnage, dont le dossier au ministère de l'Interieur espagnol est inaccessible jusqu'en 2021, est alors à la tête d'un réseau de policiers du régime, qui traque avec la complicité de l'État français les leaders républicains en fuite. Cet attaché d'ambassade très particulier est le premier à interroger le président catalan à la prison de la Santé à Paris sous l'autorité de la Gestapo. En compagnie d'un officier allemand, Urraca accompagne Lluis Companys à Irun pour le livrer aux sbires de Franco. Si sous la responsabilité des Allemands il reçut un traitement correct, arrivé à la Direction Générale de la Sécurité à Madrid le leader de la Catalogne libre allait subir cinq semaines de tortures, de vexations et d'humiliations diverses avant d'être transféré le 3 octobre à Barselona. Après un simulacre de procès au Fort de Montjuïc il est condamné à mort le 14 octobre. Jusqu'à son dernier souffle il fut un exemple de dignité et de courage. Le 15 octobre 1940 à 6.30 h du matin, avant de tomber sous les balles, Lluís Companys cria avec force et fermeté «Per Catalunya !»

70e anniversaire du martyre de Lluís Companys : Ar Baol, Madrid, Barselona

Depuis 2007, le CREDIB et l'Institut Culturel de Bretagne ont eu différents contacts avec la Generalitat et des militants catalans pour rendre hommage en terre bretonne à ce grand patriote catalan. La Ville de La Baule / Ar Baule avait été aussi approchée pour organiser une journée d'hommage sous forme d'un colloque avec quelques pistes de travail :

Projection d’un film sur Lluís Companys. Biographie de Lluís Companys avec un éclairage particulier sur son séjour en Bretagne. Une approche géopolitique de l’arrestation de Companys : situation militaire en Europe à l’été 1940, rôle des nazis et de la police de Vichy sur fond de pressions du régime franquiste. La présence des républicains espagnols, des nationalistes basques et catalans en Bretagne et leurs relations avec le mouvement breton. La loi de la mémoire historique: problématique avec le cas Companys.

Si ce projet n'a pu aboutir pour le moment, saluons l'initiative de la Generalitat soutenue par la Ville de La Baule / Ar Baol d'organiser un hommage au premier président élu de Catalogne le 13 août 2010 près de la villa Ker Imor Vad . La Bretagne fut la dernière terre où il vécut en homme libre !

Visca Catalunya !  Bevet Breizh !

Voir le site catalan:

http://www.comissiodeladignitat.cat/noticia/actes-70-aniversari-assassinat-lluis-companys-la-baule-madrid-barcelona

Hubert Chémereau

  1. Voir le cas dramatique de ces réfugiés juifs partis de Sant-Nazer sur le paquebot «Flandre» qui furent refoulés à leur arrivée en mai 1939 à La Havane et renvoyés en Bretagne.

  2. Dans une note du 30 juillet 1942 au Secrétariat général pour la Police à Vichy, le préfet de Loire-Inférieure signale que l'épouse de Lluís Companys réside à Paris depuis le 4 mai 1942.