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06/01/2011

La Brière vient mourir au pied de la gare SNCF de Sant-Nazer

 

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La présence résiduelle de prairies inondables le long de la voie express permet de lire et comprendre l'évolution à travers le temps et l'espace de la 4e ville de Bretagne, qui a toujours dû composer avec son environnement, entre estuaire, mer et Brière. Sauver la dernière zone humide à l'entrée de Sant-Nazer / Saint-Nazaire c'est aussi préserver l'identité de la ville. Cet espace naturel classé Natura 2000 est menacé de disparition. André Daniel, avec le regard du géographe, analyse les enjeux à l'aide de cette photographie aérienne.

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Une vue aérienne de l’arrivée à Saint-Nazaire, par la terre. Une vue qui risque de disparaître bientôt… A gauche les bassins gagnés sur l’ancienne rade, à l’abri, dans l’estuaire… au fond le trait de lumière des plages qui s’ouvrent sur la Rade de Loire… devant nous le quadrillage de la Ville, installée sur un petit plateau, à l’est du Grand marais.

Une ville dont l’expansion est stoppée net par les plaines inondables de Brière, la limite est bien marquée par les voies de la gare. Ici comme partout, la géographie imposait sa loi, comme elle justifie la petite agglomération de l'île de Prézégat.

Déjà à partir des bassins, puis de la 4 voies la colonisation du bourrelet alluvial qui borde l'estuaire avait commencé.

Mais voilà qu’aujourd’hui le PDG du GPD a des visées sur la zone inondable de ce côté de la gare. Le délire technocratique n’a pas de limites, il ignore la géographie, se moque des paysages et des biotopes.

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            Crédit photo : JC Bourigaud

Quand la « technosphère » dévore la biosphère nous savons pourtant de plus en plus que ce n’est pas pour le bien de l’humanité… Alors qu’est ce donc qui pousse nos fameux “décideurs”?     André Daniel

Visiteurs et habitants réguliers (liste non exhaustive): hiboux des marais, alouettes (été), passereaux (été), quelques aigrettes, batraciens, bécassines et quelques canards .

En complément de cette analyse, le CREDIB reproduit un extrait du livre d'André Daniel « Attention ! un Saint Nazaire peut en cacher un autre ! », racontant sa découverte de la ville nouvelle d'après guerre, vaisseau urbain en construction qui vient buter sur la vaste zone marécageuse annonçant le pays briéron.

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La nouvelle gare SNCF à la fin des années 1950 Archives David Silvestre

ll est des images qui restent ... Je me reverrai toujours au seuil de Saint-Nazaire à la fin des années cinquante, déposé là par un camion qui m'avait pris en stop…

Et je suis là, au bout d'une route droite comme une digue au milieu des prairies inondées, le camion a franchi dans un ultime ressaut un pont de chemin de fer, une gare est à droite, comme échouée dans le marais; à gauche des grues géantes volent au dessus de l'horizon; et devant moi s'ouvre, entre deux immeubles dressés comme des sentinelles, une sorte d'avenue triomphale qui semble vouloir s'imposer à l'espace pour préfigurer la ville, car à la platitude et au vide du marais répond, par delà cette entrée majestueuse la platitude et le vide du plateau où se reconstruit la ville.

André Daniel

De la rue Jean d'Ust à l'avenue de la République

Au moment de la prolongation de la rue Jean d'Ust (1), jusqu'à la future gare SNCF, il semble que les aménageurs n'avaient pas totalement pris conscience que cette voie urbaine allait devenir l'entrée principale de la ville en arrivant de Nantes. Si l'Hôtel du Berry, conçu par l'architecte et membre des Seiz Breur André Batillat, montre une volonté d'annoncer une entrée de ville avec des bâtiments de grande qualité, la suite sera loin d'être du même niveau dans cette partie de la future avenue de la République. On voit là une grande différence avec l'avenue Villès-Martin, allant du nouvel Hôtel de Ville au port, qui, elle, bénéficie d'un traitement architectural particulièrement soigné. Au début des années 1950, les prairies inondables et autres marais n'ont pas encore été traversées par la RN 171 qui allait relier Saint-Nazaire à Nantes.

1- La rue Jean d'Ust, du nom du capitaine du fort de St-Nazaire et héros de l'indépendance bretonne en 1380, sera rebaptisée « Avenue de la République » en 1953 malgré les protestations des habitants et de certains élus municipaux dont ceux du PCF. 

Le Début de la nouvelle "Avenue de la République" face à la Brière

Archives David Silvestre

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13/12/2010

Le livre pour comprendre Sant-Nazer

Attention ! un Saint Nazaire peut en cacher un autre !

André Daniel
Histoire archéologique et géographie historique d’un site breton

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Voici un ouvrage qui marque une rupture avec tout ce qui a pu s'écrire depuis des décennies sur Sant-Nazer / Saint-Nazaire, par l'originalité de la démarche de l'auteur, André Daniel. Ce géographe de formation a pris part à de nombreux combats dans la Bretagne des années 70-80 contre le nucléaire (Corsept, Erdeven, Le Pellerin et Le Carnet) et contribué à l'émergence d'une pensée bretonne avec son ami Glenmor à travers, en particulier, l'expérience de la revue Combat Breton et du mouvement politique Argad Breizh. Il a été aussi l'un des principaux fondateurs et animateurs du Lycée Expérimental de Sant-Nazer. Il est l'une des chevilles ouvrières du CREDIB depuis sa création en 2000. Cet ouvrage de référence est étonnamment absent de la plupart des bibliographies ayant trait à Saint-Nazaire. Avec ce livre, André Daniel nous mène aux antipodes du conformisme que l'on trouve dans la plupart des livres traitant de Saint-Nazaire. Cette production, souvent favorisée par des éditeurs qui veulent exploiter le filon, manque en règle générale de rigueur scientifique. Alors que le livre d'André Daniel sera très bientôt épuisé, le CREDIB donne la parole à son auteur pour ceux qui voudraient encore se le procurer.

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Présentation de l’ouvrage par l’auteur


Je suis arrivé à Saint-Nazaire, comme prof d’histoire et géographie en 1958, et tout de suite j’ai voulu comprendre cette ville, par curiosité professionnelle pourrait-on dire. Je me suis vite aperçu à quel point sa connaissance pouvait être utile dans ma vision et ma compréhension du monde. La plupart de mes enquêtes sur Saint-Nazaire ont pour origine des travaux menés avec des élèves, à qui je proposais de découvrir le monde à partir de leur jardin. J’ai tout d’abord voulu décrire cette ville en suivant la démarche qui m’a permis de la découvrir, en partant de l’actuel , mais aussi en recherchant obstinément ce qu’il y avait avant... Apparaît donc tout d’abord la ville telle que je l’ai vue au lendemain de la guerre et telle qu’elle s’est transformée depuis. C’est si vous voulez, un premier Saint-Nazaire, celui que l’on découvre “A présent”. Ce Saint-Nazaire en cache mal un autre, assez différent, dont on trouve un peu partout les traces et les souvenirs et dont la nostalgie du patrimoine essaie plus ou moins bien de conserver et d’exploiter la mémoire. Cela nous donne, dans un passé proche, un autre Saint-Nazaire, le troisième en remontant le temps, celui de “Naguère”.

Mais il faut encore chercher plus haut et ressusciter le bourg des pilotes des Temps Modernes que nous permet de découvrir la carte de Cassini. Un bourg des pilotes dont on a peine à découvrir comment il est né d’un vieux bourg médiéval apparu à la charnière du Haut et du Bas Moyen-âge. Ce bourg médiéval très ancien semble lui même issu d’un vicus gallo-romain repris par les Bretons de Waroc’h et de Nominoë...

Ce sont là les deux ou trois Saint-Nazaire de “Jadis”. Mais nous n’en finirons pas, pour autant, de remonter le temps, dans une quête de plus en plus difficile pour retrouver, soit le temps des Vénètes, grâce au récit de César, soit l’âge du bronze grâce aux fouilles de Kerviler qui a creusé le bassin de Penhoët, et même les débuts du néolithique grâce au travail de l’Helgouac’h sur le cairn de Dissignac. Ce sont là des occupations dont nous avons perdus le nom ...”Avant Saint-Nazaire”. Les historiens pourraient appelée diachronique cette tentative de suivre l’occupation du site à travers les différents époques, mais en remontant le temps cela devient une démarche diachronique inversée. On s’aperçoit vite que pour expliquer ces changements successifs il faut faire appel à ce qu’on appelle l’histoire générale. D’où la nécessité, à chaque étape d’un aperçu sur l’histoire du monde, dans une démarche cette fois synchronique. Se succèdent alors les temps géologiques et préhistoriques, ceux des Vénètes, des Gallo-romains, des migrations bretonnes, des dévastations viking, des rouliers des mers, quand les Bretons peuplaient les mers, de l’apogée des ports de Nantes puis de Saint-Nazaire, avant les difficultés contemporaines.

Et alors que la première partie était une espèce d’histoire archéologique, la seconde essaie de replacer Saint-Nazaire dans la géographie historique de l’Armorique puis de la Bretagne et essaie par là de montrer qu’hier comme aujourd’hui il n’y a pas en réalité de frontières entre le local et le général.

Résumé et Table des matières


Entre terre et mer: Le rocher et le plateau de Saint Nazaire... L'Estuaire et le Golfe... Un Huron au Far-west


Première partie : A présent
Sur les ruines de la guerre, les hommes de la Reconstruction ont voulu élever une ville nouvelle. Ils affichent des besoins et des préoccupations de leur temps. Et le nouveau Saint-Nazaire va détruire l'ancien Saint-Nazaire.


LA RECONSTRUCTION : L'utopie de la page blanche... La Capitale des constructions navales... Le zonage... Le poids de l'histoire... L'ancienne gare... "Aperit et nemo claudit"... Les maisons de Saint Nazaire.

Mais moins d'un demi siècle plus tard, il faut sur le chantier remettre leur ouvrage. Une nouvelle fièvre de bâtir s'empare alors d'une ville qui veut changer son image.


LE SECOND SOUFFLE : Nouvelles frontières... Le carrefour nazairien... Saint Nazaire Ouest... Le retour des Paquebots

Deuxième partie : Naguère

En prenant appui sur des demandes nantaises, les rêves de grandeur industrielle du Second Empire, et la puissance financière des Sociétés anonymes capitalistes vont projeter sur le littoral breton au milieu du Dix neuvième siècle une "petite Californie bretonne". Et tandis qu'une ville nouvelle se construit, la tête de ligne transatlantique qui perd ses paquebots se reconvertit dans la construction navale.

 

UNE VILLE-CHAMPIGNON : La mort sans visage ... A la recherche d'une cité perdue... Le demi-siècle du port... Les chantiers prennent le relais... Pendant ce temps le port... Une ville ouvrière... Une ville nouvelle... Saint-Nazaire alias le Petit Maroc.


Troisième partie : Jadis

Le vieux bourg de Saint-Nazaire, où domine la haute figure des pilotes de Loire participe à la vie maritime de la Bretagne depuis le moyen-âge. Et il s'ouvre largement sur le monde atlantique. Mais il est né à l'ombre d'une basilique gallo-romaine et d'un fort défendu par les légions venues de l'antique Britannia. De vieux textes et les fouilles archéologiques des deux derniers siècles permettent de remonter au néolithique atlantique le plus ancien.


LA MAIN DU BON ACCUEIL : Les avatars du Vieux Saint-Nazaire... Le bourg et les villages... Importance de la façade maritime... Les gens de mer, et les autres... Le fort de Jehan d'Ust.
LES RELIQUES DU SAINT : Grégoire de Tours... Waroc'h... De la basilique à Saint-Nazaire

AVANT LE SAINT : Les profondeurs du temps.... Portus Brivates... La bataille navale de 56 av J.-C.... Corbilon… Le Cairn du Haut-rocher

Quatrième partie : Per secula Seculorum

"En Bretagne tout a changé, sauf les vagues qui changent tout le temps" Balzac: Béatrice... Avec son marteau, le géologue sonde la roche. Avec ses grattoirs l'archéologue, les pieds dans la glaise et le nez dans la poussière, fait venir peu à peu au jour des objets de plus en plus anciens, qu'il s'acharne à décrire avec minutie. Le paléographe épluche les plus vieux grimoires Mais Clio, la muse de l'histoire nous convie sur le Parnasse, à proximité des Dieux. De là, nous pouvons dérouler le temps passé, d'un siècle à l'autre, d'un pôle à l'autre, dans la lumière obscure ou claire d'un film reconstitué.


AVANT L'HISTOIRE : Du précambrien au flandrien ... Du néolithique au bronze
"AU BORDS MYSTÉRIEUX DU MONDE OCCIDENTAL" : Des Vénètes aux Romains ... Des Romains aux Bretons... Des Bretons aux Vikings... Des paysans aux rouliers des mers.

VERS LES NOUVEAUX MONDES : Le système nantais... Un système nazairien ?... La diaspora des pêcheurs bretons... Périphéries atlantiques
Entre hier et demain
Oh que ma quille éclate! Oh que j’aille à la mer!

L’ouvrage compte 238 pages dont 42 de croquis et 6 de photos et aussi 22 pages de textes d’auteurs ayant écrit sur Saint-Nazaire de Grégoire de Tours à Julien Gracq, en passant par Balzac et Jules Verne.

Commande chez l'auteur au prix de 25 Euros frais de port 3 Euros.
Bulletin de commande à envoyer, avec un chèque, à André Daniel, 49 rue Pierre Curie 44600 Saint-Nazaire / Sant-Nazer - Tel 02 40 70 30 37 ou 02 97 55 34 59

11:41 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

18/11/2010

John Maxtone-Graham nous conte la vie du liner France / Norway

John Maxtone-Graham publie à New York et Londres un magnifique livre sur le France/Norway. Dans le même format que pour son livre publié en 2007 sur le Normandie, on retrouve cette qualité iconographique à laquelle la maison d'éditions Norton nous a habitués. Le Centre de Recherche & Diffusion de l'Identité Bretonne - CREDIB Sant-Nazer – a étroitement collaboré avec l'historien newyorkais pour lui apporter documents et témoignages inédits sur le paquebot France, chef d'œuvre de l'architecture navale bretonne.

Nous reproduisons, avec l'aimable autorisation de son auteur, le passage sur le départ du France qui a été magnifiquement traduit par Yvette Daniel. John Maxtone-Graham est plus qu'un historien maritime, c'est une belle plume qui plonge dans la richesse et les subtilités de la langue anglaise, nourries par sa double culture, écossaise et américaine. Sa description de l'atmosphère qui entoure le départ du France, disant adieu au pays breton qui l'a vu naitre, nous rappelle le légendaire celtique. Heureux lecteurs anglophones !
Hubert Chémereau

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France / Norway
John Maxtone – Graham
Chapitre 4 page 69
Le départ du France déclenchait de grands émois d'adieux. Chaque fois que les bâtiments construits à Penhoet partent pour les océans du monde, ils disparaissent. Les paroles de De Gaulle lors du lancement du navire hantaient tous les Bretons " France va épouser la mer "…
Juste avant le départ, Saint Nazaire avait l'air en fête. Des hordes, pendant les mois d'été avaient anticipé l'événement, et envahi la ville .Les rues, les trottoirs, les hôtels, les restaurants étaient bondés. Le bureau de poste vendait des milliers de timbres souvenirs du France. Hubert Chémereau, alors âgé de quatre ans, se souvient très bien d'une soirée concert d'airs bretons joués sur le quai de Penhoet par le Bagad de Lann Bihoué.
Une fièvre préparatoire s'était emparée de tous ceux qui partaient . Le dernier soir, une réception était organisée à l'Hôtel de Ville pour les officiers et l'équipage. Mais peu de membres du personnel du France pouvaient y consacrer plus que le temps d'un verre symbolique. La priorité était aux préparatifs de la traversée. Les officiers faisaient leurs adieux à leurs logeuses bretonnes, hissaient leurs bagages à bord et allaient rendre leurs voitures de location. Des hommes d'équipage se pressaient sur les passerelles , bardés de leurs sacs, et croisant des files d'ouvriers avec leur boite à outils sur l'épaule.
Finalement c'est le Commandant Georges Croisile qui était aux commandes. Le Commandant Le Huédé, retraité, était revenu pour le départ et les essais. Gustave Anduze-Faris, président directeur général de la Transat, représentait la compagnie.
A 14 heures 07, le 19 novembre, la porte du caisson qui emprisonnait le navire et ses remorqueurs dans la forme Joubert coulissa lourdement pour s'ouvrir. Le temps était couvert et froid, avec seulement quelques rayons de soleil capricieux perçant éventuellement le ciel sombre. Sur toute la descente de l'estuaire port et navire étaient enveloppés d'un gris uniforme, ciel et mer, comme si une toile spectrale enveloppait ce qui ressemblait à un navire fantôme avançant inexorablement et mystérieusement vers la mer.
Tous les bassins, toutes les jetées, tous les caps étaient envahis, la jetée de Mindin "noire de monde ". Les routes, le long des rives, étaient pleines d'un trafic ininterrompu de phalanges d'automobiles circulant parallèlement au navire. Les rivages étaient couverts de voitures, où les familles s'abritaient du mauvais temps. Certains avaient dormi là, dans leurs autos, pour se réserver les places au premier rang. Une flotte de spectateurs avait envahi l'estuaire, des bateaux de guerre, des remorqueurs, des plaisanciers, la flottille des adieux : Kenavo, en breton. La sirène du France retentit plusieurs fois dans la brume, comme le tocsin obsédant d'un départ regretté. L'humeur à terre était aussi douce amère que ces signaux. Les Chantiers Navals doivent assurer l'emploi continu de leurs ouvriers , et la livraison d'un navire terminé déclenche un malaise..Quel allait être le prochain navire ? ce serait le Shalom, pour Israeli Zim Lines, de beaucoup plus petite envergure.
On ne peut pas trop insister sur la fidélité des Bretons dans leurs visites aux Chantiers de l'Atlantique. Ils sont d'abord venus pour voir la construction, puis pour voir le lancement du G 19, puis, autour de la Forme Joubert, lorsque les hélices du France furent mises en place. Et, en ce jour, ils étaient à nouveau présents, ensemble, par milliers, pour un regard d'adieu à leur navire.
Peu d'entre eux étaient des passagers en puissance. Une traversée de l'Atlantique nord, même en classe touriste, est très au dessus des moyens de la classe ouvrière française. Pourtant leur investissement pour ce bateau était d'une intensité bien supérieure encore à celle de fans et de grands amateurs. C'était une dévotion quasi religieuse à la Bretagne, et à tous les bateaux façonnés avec le cœur et les mains des Bretons, qui les consumait. Le sang breton est fait d'eau salée avec des traces de chêne, de toile, de teck, de chanvre, de cuivre, d'acier, de fer et de bronze.
A mesure que le France disparaissait , des gorges se serraient et des larmes coulaient. Partout où ce bateau ira, Le Havre, Southampton, New York, Singapour, Miami, Bergen ou Along, ses liens impérissables avec la Bretagne perdureront à jamais.

Breton blood is made up of salt-water and trace elements of oak, canvas, teak, hemp, brass, steel, iron, and bronze.

As France vanished, voices choked and tears were shed. Wherever she sailed, whether Le Havre, Shouthampton, New York, Singapore, Miami, Bergen, or Alang, her imperishable Breton bonds would endure forever.

  John Maxtone-Graham

John Maxtone-Graham, France / Norway, 224 pages, W.W. Norton, New York – London, 60 €

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