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01/04/2011

Kenavo HMS Campbeltown

Les marins du Campbeltown garderont un souvenir particulier de leur séjour à Sant-Nazer. Le 30 mars 2011, le HMS Campbeltown, quittait le port breton pour un voyage sans retour. Si le Campbeltown, premier du nom pulvérisa la porte de la Forme Joubert le 28 mars 1942, la frégate, qui porte son nom en forme d'hommage, va être désarmée prochainement. Après 22 ans de bons et loyaux service, quelle tristesse de voir ce beau navire finir « en lames de rasoir » comme le dirent nos hôtes britanniques avec un humour teinté d'amertume.

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Le commandant avait réservé une surprise à ses hôtes nazairiens : en écho à Amazing Grace et Highland Cathedral interprétés à la cornemuse par des Bretons lors de la cérémonie de commémoration lundi passé, un piper de la Royal Navy a accompagné le départ du HMS Campbeltown, des manœuvres dans le bassin à la sortie du sas de la nouvelle entrée. Les airs des différentes nations celtiques ont réconforté Bretons et Britanniques qui devaient affronter une pluie dense sous un vent bien de chez nous. Avec une pointe d'humour so British, le commandant a lancé aux Nazairiens ruisselants d'eau iodée : « Vous êtes courageux sous le soleil de Bretagne ! ». Les marins du Campbeltown, au grand complet sur le pont, ont été très touchés par le geste d'amitié des Nazairiens qui les ont accompagnés avec des drapeaux bretons, interceltiques et de Saint-Nazaire jusqu'à ce que le bateau prenne le large pour son dernier voyage. Comme le navire porte le nom d'un petit port d'Écosse, Jakez Lheritier du CREDIB a demandé au piper d'interpréter le «Flower of Scotland». Le sonneur, qui surplombait les membres de l'équipage stoïques sous la pluie, a répondu avec brio à la demande bretonne. Un coup de chapeau à la Royal Navy qui montre respect pour l'identité des nations qui composent la Grande-Bretagne.

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Le commandant Keri Harris a lancé avant de sortir du sas plusieurs vibrants « Kenavo » qui ont été repris avec enthousiasme par nombre de Nazairiens. Les cornes de brume des remorqueurs ont alors résonné dans le port avec une vigueur qui nous rappelait le départ du Queen Mary 2 en décembre 2003. Avant de pénétrer dans l'estuaire de la Loire, le Campbeltown a tiré onze coups de canons qui ont résonné dans toute la cité navale. Ce geste de la Royal Navy était un ultime hommage aux Nazairiens, qui maintiennent vivant le souvenir des héros de l'Opération Chariot.

Un grand merci au commandant Keri Harris pour sa gentillesse, son excellent français et ses multiples gestes d'amitié envers les Bretons et leur identité.

Retrouvez ce grand moment sur le site écossais :

http://www.prestoungrange.org/prestoungrange/html/news/show_news.asp?newsid=2996

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HMS Campbeltown & Sant-Nazer, a special memory

The sailors of the frigate Campbeltown will keep a special memory of their visit to Sant-Nazer. On March 30th, 2011, HMS Campbeltown, left the Breton harbour for a one-way journey. If the Campbeltown, first of this name, broke the door of the Joubert dock in March 1942, the frigate, which bears her name as a tribute, will be disarmed soon. After 22 years of good and loyal service, how sad it is to see this beautiful ship end up « in rasor blades » as the British guests said with humour tinged with bitterness.

The commander had planed a surprise for his Nazairians hosts: as an echoe to Amazing Grace and Highland Cathedral interpreted by a Breton bagpiper at the commemoration ceremony of Operation Chariot on Monday March 28th, a piper of Royal Navy accompanied the departure of HMS Campbeltown, since the manoeuvres in the dock to the exit of the lock. Tunes of different Celtic nations have comforted Bretons and British who were facing heavy rain under a typical Breton wind.

 

With a touch of «so British» humor, the captain shouted to Nazairians attending the departure and dripping of iodized water: « You are brave under the Breton sun! ». The British sailors were very touched by  the gesture of friendship from the Nazairians who accompanied them and said farewell with their Breton, Interceltic and Nazairian flags along the lock till the ship went away. As the ship is named after a small harbour in Scotland, Jakez Lhéritier from the CREDIB asked the piper to play « Flower of Scotland ». The piper, overhanging the crew, all standing stoically in the rain, answered brilliantly to the request of the Breton.

 

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Hats off to the Royal Navy, who shows respect for the identity of the nations which make up Britain. The Captain Keri Harris called out a several vribating « Kenavo » before exiting the lock, which were enthusiastically taken up by many Nazairians. Then the foghorns of the tug boats  sounded in the harbor with a strength that reminded us of the departure of Quenn Mary 2 in December 2003.

 

Before entering the Loire estuary, the Campbeltown fired eleven gun shots, which resonated through the whole naval city. This gesture of the Royal Navy was a final tribute to Nazairians, who keep alive the memory of the heroes of Operation Chariot.

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Many thanks to the Commander Keri Harris for his kindness, his excellent French and his numerous friendly gestures towards the Bretons and their identity.

 

                           Kenavo Campbeltown

31/03/2011

Britanniques et Bretons saluent les héros de l'Opération Chariot

Un grand moment d'émotion entre Britanniques et Bretons venus rendre hommage aux commandos et marins de l'Opération Chariot tombés pour la liberté le 28 mars 1942. A la fin de la cérémonie, le jeune commandant de la frégate Campbeltown, Keri Harris, a serré dans ses mains un Gwenn ha Du avec une grande émotion en prononçant cette phrase « It's great ! » (c'est grand - dans le sens c'est fort). Il a pu dire aux Nazairiens qui l'interrogeaient sur son geste, qu'il était très reconnaissant pour l'amitié manifestée par les Bretons et l'importance de la présence du drapeau breton à cette cérémonie. L'Irlandais Corran Purdon, l'un des trois survivants présents, salua chaleureusement comme des «frères celtes» les Nazairiens du CREDIB que son compatriote James Dorrian http://chariot-heroes.blogspot.com/ avait tenu à lui présenter.

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Alors que l'ensemble des Britanniques et des Irlandais présents ont manifesté leur plaisir de voir des « Breton flags » en l'honneur des braves de l'Opération Chariot, Joël Batteux, le maire de Saint-Nazaire, demandait au protocole de faire dégager les Gwenn ha Du. Les porteurs des couleurs bretonnes et interceltiques ont refusé ce diktat en répondant courtoisement qu'ils étaient là pour la mémoire des courageux soldats venus des Iles britanniques défendre notre liberté au sacrifice de leur vie. Un ancien combattant de l'armée française à la fibre bretonne trouva tout naturel que le Gwenn ha Du soit présent en bonne place à cet hommage. La vue d'un drapeau breton aux côtés des marins du Campbeltown n'a nullement dérangé ces derniers, bien au contraire. L'accompagnement musical breton de la cérémonie fut aussi très apprécié par l'assistance.

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Il est de tradition en fin de cérémonie de saluer les porteurs de drapeaux. Alors que les porteurs des couleurs bretonnes et interceltiques étaient salués par l'attaché de l'ambassade de Grande-Bretagne et le commandant du Campbeltown, J. Batteux et le sous-préfet les ignoraient superbement...

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Il y a 69 ans

Les commandos du Colonel Newman se ruent sur le quai, à partir du HMS Campbeltown, sous les feux nourris de l'ennemi.

Ils ne cherchent plus aucune gloire,car ils sont tous morts. Ils reposent dans un cimetière de La Baule, à environ 15 km du lieu où ils sont morts. Un vent salé souffle au dessus d'eux. Ils ne sont pas tous enterrés là, car on ne les a pas tous retrouvés. Ils n'ont pas pu tous être identifiés lorsqu'on les a retrouvés. Des balles de Luger et de Schmeizer, des obus incendiaires tirés sur les espaces découverts, le carburant en feu et l'explosion complète pour finir avaient rendu certains corps impossibles à identifier. Pendant les jours suivants, beaucoup furent récupérés au fil des flux, reflux et courants de l'estuaire. Les tatouages sur la peau humaine sont habituellement trop discrets pour fournir nom et adresse. " I love Glad " n'en dit pas long. La bataille où ils sont morts était d'une envergure relativement petite. Mais elle fut réussie et coûta cher. Ce fut un épisode bref, sanglant, sauvage, de flammes et d'explosions, qui surgit par une douce matinée de mars. C'était çà, le raid sur St.Nazaire.

Lieutenant Colonel Stuart Chant Sempill OBE MC, 1956

20/03/2011

Lycée Heinlex / Lise Henlez invite le Bagad Lann Bihoué

Le 19 mars 2011, à l'occasion de la journée portes ouvertes du lycée professionnel Heinlex, le Gwenn ha Du flottait en bonne place à l'entrée de l'établissement.

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Un grand bravo aux responsables du lycée Heinlex de Sant-Nazer / Saint-Nazaire pour avoir invité à cette journée le Bagad Lann Bihoué. Les trois prestations  du bagad de la « Breizh Navy » ont été chaleureusement applaudies par les visiteurs, les élèves et l'équipe du lycée. Les musiciens de ce bagad professionnel sont recrutés dans les meilleurs bagadoù de Bretagne à l'exemple de Riwan Leroux qui est batteur au Bagad Sant-Nazer. Lors de la présentation, l'officier responsable du Bagad Lann Bihoué a fait remarquer malicieusement qu'il n'existait pas encore de filière professionnelle « bagadoù ».

 

A l'intérieur de cet établissement de l'Éducation Nationale, le Gwenn ha Du accueillait les visiteurs aux côtés des couleurs françaises. Cela mérite d'être salué car trop souvent l'identité bretonne est occultée dans ce type d'établissement scolaire. Voilà une belle preuve d'ouverture qui mériterait d'être suivie par d'autres établissements de Loire-Atlantique.

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Le lycée Heinlex est l'un des rares établissements de Bretagne a avoir un nom bien breton. Il a gardé le nom du quartier où il est implanté: Heinlex – Hen lez – signifie la vieille cour en breton, au sens de cour noble («cour royale»). Ce nom très ancien (1) plonge ses origines dans l'arrivée des Bretons en Armorique, entre les IVe et VIe siècles. La frairie d'Heinlex, dont le saint protecteur est le très breton Saint-Avé, est un autre signe de l'importance de ce système à la fois religieux et clanique apporté par les Bretons de l'Île de Bretagne, qui perdurera jusqu'à l'aube du XIXe siècle.

1 - Hen : ancien breton pour kozh vieux, que l'on retrouve dans Henbont (Hennebont), Le Vieux Pont, dans Henwig (Henvic), Le Vieux Vy, ou encore dans henaff, (le plus vieux), ancienne forme de henañ. La langue galloise a gardé le mot hen alors que le breton ne l'utilise plus que pour parler de quelque chose de très ancien, d'antique.Henleix 19 03 2011 Gwenn ha du.jpg