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13/05/2010

Ar Redadeg débarque à Sant-Nazer

1200 km à travers la Bretagne pour la promotion du Brezhoneg

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Mardi 11 mai 2010 à 11h30, le skipper Eugène Riguidel avec son compère Gildas Flahault et sa fille Lela (1) ont débarqué le premier coureur de la Redadeg pour le passage de relais aux enfants de Skol Diwan Sant-Nazer. Le bateau d'Eugène «La Rieuse» qui venait pour la première fois dans les eaux de l'estuaire de la Loire arborait fièrement les couleurs bretonnes : la célèbre croix noire «Kroaz du»(2) de la Marine Bretonne du temps de l'indépendance et le pavillon de Sant-Nazer. La plate du Golfe du Morbihan faisait la jonction entre le Pays de Retz et Sant-Nazer alors que d'autres coureurs arrivant de Pornic avaient pris place à Mindin sur un catamaran morbihannais. Quelle force symbolique ! que de voir ces frères du Bro Gwened débarquer sur une plage nazairienne en affirmant la force de notre identité collective.

http://ar-redadeg.org/drupal/br/node/49

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Un cameraman de Nantes 7 a couvert l'événement

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Le vent glacial n'entama pas la bonne humeur ni la combativité des participants pour la sauvegarde du Brezhoneg, la langue nationale de la Bretagne. Le témoin de la Redadeg allait passer de main en main pour arriver vers 14h à Gwenrann / Guérande où les enfants de Skol Diwan Gwenrann et le député maire de la Ville, Christophe Priou, allaient prendre à tour de rôle le relais en direction du Bro Gwened.

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Petit clin d'œil à l'histoire : le 11 mai 1945 c'était la libération des Poches de St-Nazaire et de Lorient du joug nazi et le 11 mai 1960 le lancement du liner franco-breton SS France construit aux Chantiers de Penhoet.

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(1) Lela, en digne fille de son père, est déjà une vraie petite louve de mer. A travers elle, qui est scolarisée à Skol Diwan Baod, et ses petits camarades nazairiens, c'est toute une jeunesse bretonne qui aspire à vivre pleinement sa langue dans une Europe multilingue et multiculturelle.

(2) Le « Kroaz Du » était arboré par les navires bretons qui sillonnaient les mers. Après 1532 des variantes de ce pavillon sont encore utilisées par la marine, en particulier par l'Amirauté de Bretagne. L'Amirauté est abolie par la Révolution bourgeoise française de 1789, suivant très fidèlement dans sa politique d'éradication de la nation bretonne, les rois de France, qui lui reprochaient de trop rappeler l'État breton.

 

23:43 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (3)

07/05/2010

Quand d'Aiguillon devient de « l'Aiguillon »

Les ports bretons de Nantes, Lannion, Le Croisic et Concarneau ont la particularité de posséder chacun un quai dénommé d'Aiguillon. Dans la presse dite régionale le quai de Nantes est régulièrement rebaptisé «de l'Aiguillon». On se demande ce que vient faire le nom d'une baie du Bas-Poitou sous certaines plumes journalistiques, comme on a pu le lire en dernière page du quotidien rennais Ouest France le 20 avril dernier. Cette erreur ne serait-elle pas le signe d'une méconnaissance de l'Histoire de Bretagne, particulièrement criante dans le monde médiatique ?

Pour nos amis journalistes voici quelques éléments expliquant la présence de ce nom dans des ports et sur les cotes bretonnes.

 

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Armand Désiré de Vignerot (1720-1788), duc d'Aiguillon, arrière petit-neveu de Richelieu, est un personnage majeur du règne de Louis XV. Gouverneur de Bretagne de 1753 à 1768 il fit faire de grands travaux en Bretagne au temps de l'affrontement maritime et colonial entre le royaume d'Angleterre et le royaume de France, quand les côtes étaient bloquées par la flotte anglaise. Les Bretons sont dans ce conflit, à la fois victimes et spectateurs des rivalités de ces deux royaumes.

Le titre de gouverneur est essentiellement militaire. Le duc d'Aiguillon est chargé de la défense de « la Province de Bretagne ». Avec des subsides de l'État royal, d'Aiguillon fit des aménagements portuaires et édifia des tours dont l'une sur la cote nazairienne porte encore son nom. Il réorganisa les forts et les batteries, obligea paysans et pilotes à participer aux corvées comme pour la reconstruction du pont de Méan et du Grand Chemin de Guérande. Il restructura les milices de garde-côtes que le général de paroisse recrutait parmi les hommes de 16 à 60 ans.

Dans son action, le duc d'Aiguillon, très autoritaire et soucieux du pouvoir royal, s'opposa, dans un conflit célèbre, au Procureur du Parlement de Bretagne, La Chalotais, défenseur "des franchises de la Province", que les Bretons considéraient alors comme des droits imprescriptibles de la nation bretonne. Si le personnage n'est pas recommandable, son nom accolé à un quai nantais se comprend aisément pour toute personne ayant un minimum de connaissance de l'Histoire de Bretagne.

17:06 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

26/04/2010

En 1996 la grue Gusto était détruite

Kenavo « Mamm gozh »

Le 23 mars 1996 le quotidien parisien Libération titrait « Saint-Nazaire envoie sa «grand-mère» à la casse. La vieille grue des chantiers navals paraît condamnée »

Extraits

La «grand-mère» ira à la casse en juin. La grand-mère, c'est ainsi que les métallos surnomment la grue Gusto des chantiers navals de Saint-Nazaire, construite entre 1936 et 1937. Pourtant, la grand-mère a failli être classée Monument historique en 1992 par les services du Patrimoine. Sa mise hors service en 1980 marquait l'abandon du rivetage pièce à pièce des éléments de coque au profit de la soudure des tôles préfabriquées par ensembles pouvant atteindre 240 tonnes - la capacité théorique de levage de la «Gusto». La grue pèse le quart du poids de la tour Eiffel. En volume, c'est la cathédrale de Nantes.

Accusateur, l'auteur de l'article écrivait : Tous les partenaires la jugeaient pourtant digne d'être conservée. Sauf la ville de Saint-Nazaire. Du coup, le département de Loire-Atlantique et la région ont fait marche arrière, bien que la direction des chantiers ait été prête à apporter 1,5 million de francs, le coût de la démolition. Une somme qui suffirait, selon les conservateurs du Patrimoine, à sécuriser au minimum la grue pour dix ans.

Militant d'une association de défense de la grue, Bernard André soupire: «Elle avait fait un sans-faute pour parvenir au classement, mais le maire de Saint-Nazaire semble faire une fixation psychanalytique sur cet objet.» «Et le ministère, ajoute-t-il, ne joue pas le jeu à fond. Contrairement à l'esprit de la loi de 1913 sur les monuments historiques, l'Etat doit passer outre l'avis des élus locaux, en fonction d'intérêts scientifiques, historiques et patrimoniaux.»

Directeur de cabinet du maire de Saint-Nazaire, Jean-Marie Tassel renchérit: «Aucun argument sur la mémoire de la ville ne nous a été apporté. On n'aperçoit pratiquement pas la grue hors de l'enceinte des chantiers. Faut-il faire une fixation sur les objets monumentaux? Soit l'Etat décrète la grue d'importance nationale et paie tout. Soit c'est d'intérêt local mais là, nous avons d'autres priorités, comme la base sous-marine allemande» autour de laquelle la ville veut mener une grosse opération d'urbanisme entre le centre-ville et le port ». Mais «le patrimoine, c'est toute l'épaisseur, la trace, les repères d'évolution de notre société qui sont en jeu», rétorque un fonctionnaire du Patrimoine.

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1950, la " grand-mère" dans la force de l'age - Collection David Silvestre  Trinieg -

En 2002 l'universitaire Gracia Dorel – Ferré écrivait : Cet objet technique majeur était encore en fonction dans le port de Saint Nazaire en 1980. La plus grande d'Europe dans les années trente, cette grue avait été le produit d'innovations techniques, telle que la préfabrication d'éléments de sa structure. Ni les Chantiers de l'Atlantique, ni la ville de Saint-Nazaire, plus préoccupée de construire l'image « soft » du port d'attache des palaces flottants, n'ont voulu entendre les arguments et les projets de ceux qui voulaient donner une seconde vie à cet équipement, ferraillé du jour au lendemain.

Si en 1996, l'alliance de circonstance de deux conservatismes - un gouvernement de droite (1er ministre Balladur) et une mairie classée à gauche - eut raison de « la grand-mère », il en fut tout autrement à Nantes avec le classement en 2005 de la grue Titan. En 2010, cet objet industriel est en passe de devenir l'une des cartes de visite de la capitale bretonne. Quand un défenseur du patrimoine industriel déclarait en 1996 que le pouvoir municipal nazairien semblait faire une fixation psychanalytique sur cet objet, il annonçait la suite avec une mise en valeur quasi obsessionnelle de la base des sous-marins du III e Reich au détriment du passé ouvrier et industriel de Sant-Nazer. En 2010, il faut aller à Sydney pour trouver la plus grande grue navale du monde depuis la mise à mort de sa grande sœur bretonne. Il n'est pas encore trop tard pour sauvegarder un autre monument de l'histoire industrielle du pays nazairien : les Forges de Trignac, où est né en 1879 le concept de sidérurgie sur l'eau.

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Collection David Silvestre - Trinieg -

Sur cette magnifique carte postale de 1950 on constate que l'activité de la construction navale à Penhoet est alors en plein boom. Entre 1946 et le milieu des années 1950, les chantiers navals nantais et nazairiens prirent une part très importante dans la reconstruction de la flotte marchande française. En 1946 les FANE ( Forges et Aciéries du Nord et de l'Est ) qui contrôlaient des Forges de Trignac avaient décrété que leur usine bretonne ne réouvrirait pas, estimant qu'elle n'avait pas d'avenir faute de débouchés. Rappelons que la spécialité des Forges brièronnes était la production de tôles pour les navires...

21:33 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (7)