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21/07/2010

Histoire d'un siècle : Bretagne 1901-2001

Avec ce livre, les éditions Skol Vreizh nous offrent un éclairage sur l’ensemble du XXe siècle breton. En 2004, pour diriger le travail de l’équipe, l'éditeur obtient l’accord de Michel Denis, grand historien spécialiste de l’histoire contemporaine. Michel Denis n’a pu participer à la rédaction mais a relu et enrichi les chapitres avant son décès en 2007. Les 4 autres auteurs ont parachevé le travail et recherché 250 illustrations originales souvent inédites. Le livre se conclut par un état de la Bretagne au début du XXIe siècle.

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3 générations d’historiens – 35 années séparent le plus âgé du plus jeune - ont participé à cet ouvrage collectif.

 

 

 

 

Le livre de lecture aisée et abondamment illustré, ne dit pas tout, mais aide à comprendre ce XXe siècle qui a changé la Bretagne et le monde. L’équipe de rédaction a repris le message de confiance et d’optimisme laissé par Michel Denis : « les Bretons peuvent s’en sortir, pour peu qu’ils renforcent leur solidarité.» Ce survol concerne l’ensemble des 5 départements bretons sur une durée d’un siècle. Cette Histoire d’un siècle donne un outil inédit de connaissance et de compréhension du passé récent et d’action pour l’avenir. Le livre contient une part du passé de chacun d’entre nous : chaque Breton de plus de 10 ans a vécu au XXe siècle ! 100 ans d’évolution économique, sociale, politique et culturelle s’y trouvent rassemblés et rendus accessibles à tous, en toute liberté. Outre Michel Denis, les auteurs sont le Nantais Claude Geslin (spécialiste de l’histoire du mouvement ouvrier) pour l’avant 1914, Patrick Gourlay pour la première guerre mondiale, Jean-Jacques Monnier pour l’entre deux guerres et les révolutions bretonnes des années 1950-1980 et le sociologue Ronan Le Coadic pour le retournement des années 1990.

400 pages, 35€, Skol Vreizh, Morlaix

17:54 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

06/07/2010

Morgan Jenkins, commando de l'Opération Chariot

A la demande du CREDIB, David Taid a écrit une petite biographie sur son oncle Morgan Jenkins. Ce courageux soldat gallois a donné sa vie pour la liberté. Lors de l'Opération Chariot le 28 mars 1942, il est tombé au combat en terre bretonne. Le CREDIB, au nom de tous les Bretons reconnaissants pour le sacrifice de tant de braves lors de ce raid, tenait à publier sur son site ce modeste hommage à Morgan Jenkins.    Trugarez bras deoc'h, Morgan

Mon oncle, Morgan Jenkins


Né en 1915, Morgan était le 6 ème des 7 enfants de Morgan et Mary Jenkins. Son père était poseur de rails dans la mine Ynisfaoi, à Treherbert, sud du Pays de Galles. Dans son enfance, Morgan fréquenta les écoles de son pays. Brillant élève, il fut admis, pour sa scolarité secondaire, à la Grammar School de garçons du comté de Brecon. La mort de Morgan, à Saint Nazaire, est consignée sur le mémorial de la guerre de cette école. C'était l'époque de la Grande Dépression, et, après avoir quitté l'école, Morgan, et sa famille presque au complet, partit à Londres pour y avoir du travail. Malheureusement, la famille proche de Morgan ayant maintenant disparu, j'ai peu de renseignements sur cette période de sa vie.

Morgan 2.JPGToutefois, le suivi militaire de Morgan révèle qu'il était acheteur pour le compte de ce que je crois être un commerce de nouveautés en gros, à l'époque où il a rejoint l'Armée Territoriale, la "T.A." Je me dois d'expliquer que, au Royaume Uni, l'Armée Territoriale est une armée de volontaires concernant des civils qui souhaitent faire un entraînement militaire le soir, aux week ends et pendant leurs congés. Morgan s'engagea dans la London Rifle Brigade de la T.A., en 1937, quand on vit se profiler à l'horizon que la guerre avec l'Allemagne était possible. A la déclaration de guerre, il s'engagea dans l'armée. Simple soldat à son arrivée, il fut promu Sergent au cours des 5 mois qui suivirent. En avril 1940, Morgan fut affecté à la Independant Company N° 5, et y rejoignit des troupes françaises et polonaises pour la malheureuse expédition en Norvège. Il en revint en juin 1940. A son retour, il fut affecté au Special Services Battalion N°1, qui, par la suite, fit partie de la Commando Force, nouvellement créée.

En août 1940, Morgan épousa Doris Pooley. Il faisait alors partie du Commando N°2 commandé par Charles Newman. Il est clair que Newman avait une haute estime pour Morgan. Il s'occupa de sa promotion afin de le faire sortir du rang pour devenir Second Lieutenant du Régiment Gallois.

A mon avis, Morgan se plaisait beaucoup dans les Commandos, où un homme est jugé selon ses capacités et son courage plutôt que selon le passé de sa famille et l'école qu'il a fréquentée. Son Capitaine, Michael Burn, raconte dans son livre "Turned towards the sun", qu'à l'occasion, Morgan retirait ses insignes d'officier, redevenait un des "boys", et rejoignait ses vieux copains pour une soirée au pub.

Alors que la discipline dans les Commandos était plus souple qu'on ne pourrait s'y attendre dans l'armée, l'entraînement était exceptionnellement dur, et seuls les plus compétents étaient gardés. Une grande partie de l'entraînement se faisait dans l'ouest de l'Écosse. Morgan pouvait sans doute déborder de zèle. En effet, Peter Stanley, dans son livre " Commando pour Colditz" raconte qu'ayant refusé d'être fait prisonnier lors d'un entraînement, Morgan reçut par inadvertance une balle dans la cuisse, tirée par l'équipe adverse. Je n'avais jamais su cela.

Le Commandos attendaient, pas toujours patiemment, de passer à l'action, et cela arriva enfin avec le Raid sur Saint Nazaire.L'objectif primordial du raid était, c'est bien connu, de détruire les caissons de la " Forme Écluse Louis Joubert" et la machinerie qui allait avec. En plus, les Commandos devaient détruire les ponts reliant la ville de Saint Nazaire à la zone des docks. Le rôle de Morgan était de mener une petite troupe d'hommes qui devaient défendre et protéger le groupe destiné à détruire "Le Pont de la Douane". La plus grande partie des hommes des Commandos furent transportés à Saint Nazaire à bord de petites embarcations à moteur , en bois, , les "M.L." Morgan était à bord du M.L.268 et, à l'approche de "L'ancienne Entrée", le bateau fut touché par le feu de l'ennemi. Le M.L.268 prit feu et explosa, ce qui, malheureusement, provoqua la mort de Morgan et de ses hommes. Sur les cinq, trois sont enterrés au Cimetière de La Baule Escoublac. Deux, dont Morgan, n'ont pas de tombe reconnue, mais leur mort est consignée sur le Brookwood Memorial, au cimetière militaire de Brookwood, dans le Surrey, en Angleterre.

David Tait

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My Uncle – Morgan Jenkins

Morgan was the sixth of seven children born to Morgan and Mary Jenkins in 1915. His father was a plate layer at the Ynisfaoi Mine, Treherbert, South Wales. Morgan attended local schools in his younger years. Being a bright pupil he achieved a place at Brecon Boy’s County Grammar School for his secondary education. Morgan’s death at St Nazaire is recorded on the School’s War Memorial.

This was the time of the Great Depression and, following his leaving school, Morgan, with many of his family moved to London to secure work. Unfortunately, due to all of Morgan’s immediate relatives having since died, I have little information on this period of his life. However, Morgan’s military record shows that he was a buyer for what I believe to have been a wholesale drapery company when he joined the Territorial Army (The T.A.). I should explain that in the United Kingdom the Territorial Army is voluntary and for civilians who wish to take military training during evenings, weekends and holiday periods.

Morgan joined the London Rifle Brigade of the T.A. in 1937 when it began to appear that war with Germany was possibly on the horizon. At the outbreak of war he joined the Army. Over the next five months he was promoted from Private to Sergeant. In April 1940 Morgan was posted to the No. 5 Independent Company and joined them, with French and Polish troops, on the ill-fated operation in Norway. He subsequently returned in June 1940. Following his return he was posted to the No. 1 Special Services Battalion, which in turn became part of the newly formed Commando Force. In August 1940 Morgan married Doris Pooley. Morgan was now part of No. 2 Commando commanded by Charles Newman. Clearly Newman had a high regard for Morgan and arranged for him to be promoted from the ranks to 2nd Lieutenant, Welch Regiment.

I understand Morgan revelled in the Commandos, where a man was judged by his skills and courage rather than his family history or which school he attended. His Captain, Michael Burn, records in his book “Turned Towards the Sun” that on occasions Morgan would remove his officer’s insignia, become one of the boys and join his old comrades for a night in the pub. Whilst discipline within the Commandos was more relaxed than might be expected within the army, training was exceptionally hard and only the most proficient were retained. Much of the training took place in the West of Scotland. Morgan could perhaps be over zealous for Peter Stanley recounts in his book “Commando to Colditz” that on refusing to be captured during a training exercise, Morgan was inadvertently shot in the thigh by the opposing team. I was not aware of this previously.The Commandos waited, not always patiently, for action, and finally it arrived with the raid on St. Nazaire. As is well known the prime object of the raid was to destroy the caissons of the “Forme Ecluse Louis Joubert” and associated machinery. Additionally, Commandos were to destroy the bridges linking the town of St. Nazaire with the dock area. Morgan’s role was to lead a troop of men to defend the party designated to destroy “Le Pont de la Douane”. The majority of Commandos were transported to St. Nazaire by small wooden motor launches, “ML”. Morgan was being carried by vessel ML 268 and on its approach to the “Ancienne Entree” it was struck by German fire. ML 268 burst into flames and exploded, resulting, unfortunately, in Morgan and his men being killed. Of the five, three are buried at Escoublac La Baule Cemetery. Two, including Morgan, have no known grave, but whose deaths are recorded on the Brookwood Memorial, Brookwood Military Cemetery, Surrey, England.

David Tait

19/06/2010

70e anniversaire du naufrage du SS Lancastria

17 juin 2010, Bretons, Britanniques, Irlandais et ressortissants du Commonwealth unis pour honorer le souvenir des milliers de victimes du paquebot Lancastria, coulé par la Luftwaffe.

 

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Le Bagad Sant-Nazer salue la mémoire des victimes

L'émotion était très forte au moment de la lecture des témoignages de survivants de la plus grande catastrophe maritime britannique. A l'initiative du CREDIB, un groupe de Nazairiens est venu témoigner de sa solidarité avec les familles des disparus en arborant les couleurs bretonnes et interceltiques. Les Britanniques et Irlandais présents ont remercié chaleureusement leurs amis bretons pour ce geste simple et discret.

Il y a eu un échange très émouvant entre Gwenola Hemery du CREDIB et la fille d'un disparu, Fiona Symon. La présidente de l'association écossaise avait 10 mois quand son père est mort sur le paquebot de la Cunard. Devant la presse elle a dit que c'était la première fois qu'elle venait en Bretagne et a souligné les liens interceltiques : « Je suis heureuse de marcher aujourd'hui où il a marché ». Comme a pu le dire le représentant des autorités britanniques, Philip Stonor : « Les victimes sont devenues le symbole de notre devoir de mémoire ». Dans son intervention il a tenu à rendre hommage aux actes de bravoure des Britanniques présents sur le bateau et des nombreux Nazairiens qui prirent leurs embarcations pour aller sauver les survivants : « Votre présence aujourd'hui est importante car vous représentez l'esprit des défunts ».

Les représentants du CREDIB ont été aussi très touchés par l'histoire de ce jeune Irlandais, Thomas Maguire, venu du comté de Fermanagh combattre pour la liberté. Son neveu, Eugene Maguire, arrivait très difficilement à contenir son émotion à l'évocation de la fin tragique de son oncle à l'age de 20 ans.La famille de ce brave Irlandais n'a découvert qu'il était sur le Lancastria qu'en 2007. Il repose en terre bretonne dans le cimetière militaire britannique de Pornic. Lanncastria Eugene maguire.jpg

 

Thomas Maguire était membre du Royal 633 Engineer of Northern Irland.

Eugene Maguire heureux d'être avec ses nouveaux amis bretons.

 

 

 

 

 

 

A la fin de la cérémonie, les officiels britanniques - à commencer par le représentant de l'ambassade de Grande-Bretagne, Philip Stonor - sont venus saluer les porteurs de Gwenn ha du et autres drapeaux interceltiques. La chaleur britannique contrastait avec l'attitude des officiels locaux. Le sous-préfet est néanmoins revenu vers les porte-drapeaux bretons pour les saluer en signalant que c'étaient des "drapeaux civils". Il a reçu comme réplique que c'était le drapeau de la nation bretonne ! La députée de Saint-Nazaire, Marie Odile Bouillé, a également salué avec beaucoup de courtoisie les participants. Lors du pot de l'amitié en mairie, le premier magistrat, J G Batteux, ulcéré par cette présence bretonne, est intervenu bien peu diplomatiquement devant le représentant de l'Ambassade de Grande-Bretagne en désapprouvant « la présence de pavillons bretons ».

Version anglaise de cet article sur :

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A cette réaction, bien éloignée de la tradition d'hospitalité et d'ouverture des Nazairiens, nous préférons cette phrase écrite il y a 61 ans : " L'appel des morts du Lancastria reposant en ce coin de terre bretonne, devenue terre de Grande-Bretagne" dans La Résistance de l'Ouest du 20 juin 1949 - quotidien créé par la Résistance nantaise en 1945 (devient Presse-Océan en 1960 ).

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Philip Stonor avec des représentants du CREDIB
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M C F Coe salut chaleureusement ses amis bretons. Yves Beaujuge a mis son témoignage sur son site