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08/12/2013

Années 70, l'identité bretonne mise à l'honneur par la Navale nazairienne

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Les Chantiers de l'Atlantique ont perdu beaucoup de leur identité depuis les années 2000 avec leur prise de contrôle par Aker puis STX. En 30 ans, le départ en retraite de générations d'ingénieurs, techniciens et ouvriers a aussi participé à la perte de cette «culture bateau» comme on dit du côté de Penhoet. Dans les années 1970, il n'était pas rare de voir l'identité bretonne des chantiers nazairiens mise en valeur à travers des navires avec la bénédiction de certains armateurs comme en 1971 et en 1974 avec l'ESSO Bretagne ou l'Iseult. Dans les années 50-60, le maire de Sant-Nazer François Blancho incitait aussi la direction des chantiers à faire intervenir le bagad ou le cercle celtique de la cité navale lors de cérémonies de départ de nombre de navires construits à Penhoet.

 Produit en Bretagne avant l'heure

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Sur cette plaquette on remarque que la langue bretonne a une place de choix.

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Les plaquettes confectionnées pour les baptêmes des navires étaient un bon support de communication pour les armateurs et les Chantiers de l'Atlantique. L'illustrateur en était le Nantais Charles Homualk ancien élèves des Beaux Arts de Nantes qui avec la fin des cartes postales dessinées dans les années 1960 était rentré aux chantiers nazariens. Ce fervent défenseur de la culture bretonne ne perdait jamais une occasion pour mettre en valeur la Bretagne avec la bénédiction de sa direction. Cela mérite d'être signalé car il y a 40 ans cela n'allait pas de soit dans la majorité des grandes entreprises des cinq départements bretons.  

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Collection Hubert Chémereau Sant-Nazer Brittany

02/04/2013

Première bretonne du film Turned towards the sun

Jeudi 28 mars, James Dorrian, scénariste et producteur de Turned towards the sun (Tourné vers le soleil)a présenté au public breton le documentaire réalisé par l'américain Greg Oliver sur la vie de Micky Burn, l'un des héros du Raid sur Saint-Nazaire (28 mars 1942). L'Irlandais James Dorrian qui est le biographe de ce personnage hors du commun, a profité du 71e anniversaire de l'Opération Chariot pour que la première de ce documentaire pour le continent européen est lieu à Saint-Nazaire. Devant une salle comble, James Dorrian a répondu avec son élégance naturelle aux nombreuses questions du public breton.

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 La longue vie, absolument remarquable, de Micky Burn est décrite dans son autobiographie Turned towards the sun. Comme le rappelle son ami et biographe James Dorrian : « On a dit que, dans le temps où la plupart d'entre nous vit une vie, il en a vécu dix. Il a fait ses humanités à Oxford, et a été une jeune pousse brillante des années 30. Ses amis, amants et amantes, incluent Unity Mitford et l'espion soviétique Guy Burgess. En tant que correspondant du Times, il est vraisemblablement la seule personne encore vivante en 2010 a avoir rencontré à la fois Adolf Hitler et Franklin Roosevelt. Il a eu la Military Cross pour avoir commandé la troupe 6 du Commando 2 au cours de l'Opération Chariot, ce raid épique sur Saint Nazaire, où il fut fait prisonnier. Étant "invité du Reich", il fit fonctionner la radio secrète alliée dans le célèbre Oflag IV-C à Colditz. Là, ses conférences intenses sur la théorie marxiste furent une source constante d'irritation pour le Wing Commander Douglas Bader, prisonnier lui aussi. Ce dernier interdisait, mais sans succès, à ses officiers d'y assister, et il le surnomma "Micky le Rouge" ». Auteur prolifique, poète, raconteur d'histoires et plaisantin impénitent comme aimait à le qualifier son ami irlandais avait choisi à la sortie de la guerre de se ressourcer sur la cote nord galloise à Penrhyndeudraeth. Son grand ami et proche voisin était le philosophe et réformateur social Bertrand Russell.

 

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James Dorrian (cravate rouge) répond au public breton en compagnie du traducteur Charles Nicol de la St.Nazaire Society 

Entre 2005 et 2010, l'équipe de tournage a suivi à intervalle régulier Micky Burn, de sa retraite galloise à Colditz en passant par Saint-Naraire. Des 350 heures de rush ont été tirés un documentaire très réussi de 100 minutes. La profondeur de la personnalité de Micky Burn est bien mise en valeur. La qualité de la photographie sublime les paysages sauvages du Gwynedd où le gentleman combattant avait pris racine. On retrouve cette qualité des prises de vues sur les lieux mêmes du raid britanniques avec des images fortement chargées d'émotion quand Micky marche sur la jeté du Vieux Môle. Son regard se perd dans les eaux de l'estuaire de la Loire où nombre de ses camarades laissèrent la vie. La dernière image du film montre Micky Burn marchant sur une plage galloise. Le vieux poète guerrier se retourne et envoie un baiser de la main aux spectateurs. Il s’éteindra quelques semaines plus tard à 97 ans, le 3 septembre 2010. Peu de temps avant sa mort, son ami irlandais écrivait : « Nous avons passé le samedi avec Micky Burn, qui a maintenant quitté l'hôpital et est soigné à domicile. Pour quelqu'un qui a eu une attaque, ses capacités intellectuelles demeurent stupéfiantes, et, à près de 98 ans, une mémoire des événements passés, et passés depuis longtemps ! qui nous rend penauds. Il passe beaucoup de temps dans son lit, et il faut dire qu'il y a quelque chose de tout à fait décadent, adapté à la situation, dans la manière qu'il a de donner des ordres dans sa position allongée - comme un Auguste des temps modernes réclamant le retour, non des légions perdues, mais de son autonomie physique. Je ne sais pas ce qu'il y a dans ces gars des Commandos : mais là où le commun des mortels en arrive à compter sur cachets et potions pour garder ensemble l'âme et le corps, eux jouent sur une espèce de refus catégorique, qui, au départ, à fait d'eux une élite. Dommage qu'on ne puisse pas mettre çà en bouteille : quel monde nous aurions alors... » Le gardien de la mémoire des commandos ne pouvait écrire plus bel hommage à l'Anglais de Penrhyndeudraeth ! James Dorrian expliqua à ses amis bretons que « Micky avait prévu en détails ses funérailles. Au cours du service, six d'entre nous rappelèrent son souvenir par un petit discours. Il était évidemment impossible de parler de Micky Burn sans évoquer toutes ses mésaventures en plomberie, en cuisine, et autres, de sorte que l'église résonnait de rires. Le service fut suivi d'une veillée de toute aussi bonne humeur à Castel Deudraeth ».

 

Comme Micky Burn, l'équipe du tournage est tombée sous le charme du nord gallois. De magnifiques images du Pays de Galles sont accompagnées par un long extrait du Bro Gozh ma Zadoù, hymne national commun aux Gallois et Bretons. Avec ces paroles en breton, clin d’œil ou signe en direction de la terre sœur de Cymru où Micky Burn joua son destin un certain 28 mars 1942. James Dorrian, qui ne pouvait répondre sur ce point de détail à la place du réalisateur retenu à New-York, nous précise : « Pour autant que je me rende compte, cet extrait musical concernait le Pays de Galles, bien que Micky lui-même aurait été très heureux d'y associer la Bretagne. Étant fondamentalement Anglais, c'était un vrai "bon Celte", comme l'a démontré son amour de la montagne, de la la mer, de la musique, de la poésie, etc... Je pense que c'est l'une des raisons pour lesquelles nous nous entendions si bien ». Suite à notre interrogation, Greg Oliver fit savoir que le choix de cette plage musicale «Welsh-Breton National Anthem» s'était porté sur un cœur gallois interprétant successivement les hymnes bretons et gallois. Pour le réalisateur ce morceau se marie à merveille à l'évocation du Pays de Galles (même si on entend en premier les paroles en breton).

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James l'Irlandais avec ses frères bretons au Vieux Môle pour rendre hommage aux braves de l'Opération Chariot

Bande annonce de Turned towards the sun

http://www.youtube.com/watch?v=XAZk5GoW33A

11/11/2012

Sant-Nazer et la Brière

En raison de sa position géographique, Sant-Nazer / Saint-Nazaire est en partie entourée d'eau: l'Atlantique, l'estuaire de la Loire et la Brière. Si l'océan est toujours là, les berges de l'estuaire sont de plus en plus imperméabilisées et la Brière disparaît à vue d’œil dès que l'on approche du grand port breton. Avec la disparition des zones humides, bêtes noires des aménageurs, c'est aussi un paysage familier qui disparaît avec ses chaumières typiques, ses petits murs de pierre, ses animaux sauvages et les races domestiques autochtones.

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Ces deux cartes postales nous montrent que la Brière avec son habitat et ses paysages si caractéristiques ont été durant des siècles intimement liée à Sant-Nazer. Au début du 20e siècle, le mouton breton et la Bretonne pie noire étaient des animaux communs en pays nazairien comme on peut le voir sur ces cartes postales. Le petit mouton noir, dit des Landes de Bretagne, réputé pour la saveur de sa viande, a été sauvé in extremis dans les îles de Brière (années 1970).

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En octobre 2012, le dernier fragment de la Brière qui venait mourir au pied de la gare SNCF devait succomber sous les pelles des engins publics pour faire place à un parking sur ordres des aménageurs, bras armé de la bureaucratie municipale qui ne voit aucun intérêt à la sauvegardes des zones humides - pourtant classées Natura 2 000 - aussi bien sur le plan environnemental que sur le plan de la compréhension du territoire nazairien.

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La Brière vient mourir à l'entrée de Sant-Nazer avant de succomber sous les griffes des bulldozers

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Le spectacle de désolation en octobre 2012

Les simulations d'un géographe montrent pourtant qu'avec le réchauffement climatique la nature reprendra ses droits...