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09/10/2008

J M Le Clezio

 

The Nobel Prize in Literature goes to the Breton Jean-Marie Le Clezio

Le Centre de Recherche et Diffusion de l’Identité Bretonne salue le choix du jury du Prix Nobel qui vient de nominer l’écrivain breton Jean-Marie Le Clezio.

Après le prix Nobel de la Paix au Breton Aristide Briand en 1926 c’est un peu la Bretagne des Lettres qui est récompensée.

« J’appartiens à cette nation » c’est ainsi que Jean Marie Le Clezio déclara avec pudeur son attachement viscéral à la Bretagne lors d’une interview à Saint-Malo au Festival Etonnants Voyageurs. Voilà qui est clair pour un écrivain universel, chantre du multiculturalisme et avocat des peuples niés. Il a une approche de l’identité bretonne naturelle en raison de son éloignement de la terre de ses ancêtres et par ses origines mauriciennes fortement influencées par le monde britannique. La Bretagne apparaît dans son œuvre comme en 2004 dans Révolutions où il plonge dans ses racines bretonnes. Il est avant tout Breton par son ouverture au monde, à ses peuples et cultures. Il a choisi de revenir une partie de l’année en Bretagne près de Douarnenez où il retrouve le souffle de ses ancêtres et son identité profonde. Le Britto-Mauricien aimerait bien que sa « dernière étape soit bretonne » à cause de la mer, mais aussi de ces Bretons qu'il aime « car ils sont à la fois chaleureux et discrets, un peu taciturnes et portés sur l'imaginaire ».

Jean-Marie Le Clézio, who is 68, was born in Nice to a mother of Breton origin and a father who was at least nominally British. He grew up bilingual, and initially considered starting his writing career in English. Radio Television Eirerévolutions.jpg

Avel, avelioù, holl avel

 

 

 

 

 

 

02/10/2008

Jules Verne, le monde celtique et la mer

 

Institut Culturel de Bretagne, 2006 (13 euros)

Publication CREDIB / ICB ouvrage collectif

Les auteurs : Yvonig Gicquel, Hubert Chémereau, Yannick Guin, André Daniel, Jean Chesneaux, Jean-Yves Paumier, Jean Cevaer, Daniel Sicard et Daniel Houguet.

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Extrait : Les voyages maritimes d’un Breton universel par Hubert Chémereau

Jules Verne s’affirmait volontairement Breton, comme nous le rappelle cette citation publiée dans Mc Clure’s Magazine (janvier 1894) « Nous les Bretons nous sommes un peuple de Clan ». C’était indiscutablement un Breton « penn da benn ! » à l’image de l’environnement maritime de son enfance et des parfums exotiques du port de Nantes qui allaient stimuler son imagination et favoriser une âme de voyageur.

Avec l’Institut Culturel de Bretagne il nous a tout suite semblé évident d’associer le Monde Celtique et la Mer, tant ces univers géographiques, culturels et littéraires sont présents dans l’œuvre de Jules Verne. Les aventures des héros de l’écrivain breton nous renvoient-ils pas aussi à la tradition arthurienne de la quête initiatique du Graal ? L’ouverture planétaire du champ de vision vernien, pour reprendre les mots de Jean Chesnaux (1), n’est-il pas aussi un trait commun aux peuples celtes ? La place centrale de l’île dans les romans de Jules Verne n’est-elle pas une autre manifestation de cette imprégnation celtique (2)? Pourquoi tant de noms dans la toponymie vernienne ont-ils une résonance celtique ? Pourquoi trouve t-on autant de personnages celtes dans ses romans (3) ? A elles seules, ces quelques interrogations nous font toucher du doigt tout l’intérêt de ces « Rencontres de Saint-Nazaire ».

Nous avions déjà évoqué Jules Verne à l’occasion du colloque sur les liens entre l’estuaire de la Loire et la Clyde(4) dans la construction navale à travers les travaux de Johnston F. Robb sur «La dynastie des Scott 1711-1978», constructeurs de navires à Greenock. Le dernier directeur des chantiers Scott parle ainsi dans sa thèse de l’aventure de John Scott en Bretagne en 1862 commencée sur la presqu’île de Penhoet à Saint-Nazaire, au moment où Jules Verne était en train d’écrire ses fameux romans. Dans Le rayon vert (1882) Jules Verne fait d’ailleurs une description très précise de la Clyde et « de ses vastes docks destinés à la construction des navires en fer » et présente Greenock, la ville de John Scott, où se pressent des centaines de navires dans les bassins comme « l’antichambre industrielle et commerciale de Glasgow ». Le Nautilus (Vingt milles lieues sous les mers 1870) est construit en plusieurs parties dans différents lieux, de la Prusse à la Suède en passant par New-York, Liverpool et … dans la Clyde, avant d’être assemblé secrètement par la capitaine Nemo et ses compagnons. Ainsi c’est le chantier Scott (5) qui est le maître d’œuvre de la partie écossaise, à savoir l’hélice du célèbre sous-marin. Quand la fiction rejoint la réalité : à partir de 1913, les chantiers Scott de Greenock allaient devenir un grand centre de construction de sous-marins (6) comme leur homologue breton, les chantiers nantais Dubigeon.

Pour en rester au monde des navires dans Une ville flottante (1871), Jules Verne décrit avec l’œil de l’ingénieur, le transatlantique géant, Great Eastern, sur lequel il s’était rendu aux Etats-Unis en 1867. Lors d’un séjour à Londres en 1859, Jules Verne visita une première fois le Great Eastern en cours d’armement. La construction de ce monstre marin né de la folie créatrice d’Isambard Kingdom Brunel, ingénieur génial et pour le moins original ne pouvait que fasciner un homme comme Jules Verne. On trouvait là encore un grand ingénieur écossais, John Scott Russell (7) qui fut chargé dans ses chantiers de Millwall de la construction de ce navire, véritable défi technique, financier et humain.

Dans Vingt milles lieues sous les mers, Jules Verne nous montre encore sa grande connaissance du milieu maritime avec sa description de la Compagnie Cunard dont il salue la gestion intelligente et le rôle dans les innovations technologiques en matière navale. Ce n’est pas un hasard si devant le succès mondial de  Tour du monde en 80 jours (1873) qui paraissait sous forme de feuilleton, les compagnies britanniques Cunard et White Star, qui se livraient une guerre commerciale sans merci, tentèrent en vain, chacune de leur coté, de convaincre Jules Verne d’attacher leur nom à ce roman. Remarquons au passage que les paquebots sont avec les cargos, les navires les plus présents parmi les centaines de bateaux de tous types qui peuplent son œuvre.

Cette mer si chère à Jules Verne, c’est à St.Nazaire qu’il l’aurait découverte la première fois à l’été 1840 avec l’épisode de son débarquement au pied du rocher, où avec son frère Paul il va goûter l’eau qui à son grand étonnement n’est pas salée car on est à marée basse. Il aura à cette occasion découvert un bourg de pilotes, pittoresque avec son église au clocher penché construite aux abords du fort médiéval du célèbre Capitaine Jean d’Ust, héros de la Bretagne indépendante. Personnage historique qui a n’en pas douter aurait fait, s’il avait été Ecossais, un héros de l’œuvre de Walter Scott, écrivain qui influença tant notre Nantais.

Dans le Superbe Orénoque qui est un grand roman maritime, sont mis en scène les aventures de «deux Bretons, deux Nantais», comme les présente Jules Verne, qui vont rejoindre le Venezuela pour retrouver un autre Breton, le colonel de Kermor en s’embarquant « à St.Nazaire, sur le Pereire, Paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique, à destination des Antilles ». Jules Verne à travers ces lignes nous rappelle l’importance des liaisons entre Saint-Nazaire - Cuba - Vera Cruz, lignes (8) qui sont à l’origine du lancement dans les années 1860 du grand port breton. Si les dernières lignes de roman nous ramènent « en Bretagne, à Saint-Nazaire, à Nantes », on trouve à plusieurs reprises des allusions à sa patrie bretonne comme cette réflexion du sergent Martial au sujet de la musique des roches sonores célèbres au Venezuela « ça vaut pas le biniou de notre Bretagne ». Dans ce grand roman d’aventure tout nous rappelle l’esprit et le souffle de ses grands confrères écossais, Walter Scott et R.L. Stevenson, ainsi que l’esprit breton avec cette présence de la terre natale, cette soif d’aventures, de découverte de nouvelles contrées, de recherche d’absolu, bref, de liberté.

(1) Jules Verne , un regard sur le monde, Bayard Editions, 2001. Ce livre est la refonte de Jules Verne, une lecture politique, Maspero, 1971.

(2) L’île qui a une importance spirituelle chez les Celtes et une place particulière dans leur mythologie est véritablement en lui avec l’île Feydeau où il né.

(3) Dans sa biographie « Yo, Julio Verne », Edition Planeta, 2005, l’écrivain espagnol J.J. Benitez compte pas moins de 119 personnages celtes dans 56 romans.

(4) De la Clyde à Saint-Nazaire, les liens Bretagne-Ecosse dans la construction navale acte du colloque CREDIB-ICB du 29 novembre 2003.

(5) Extrait 20.000 LIEUES SOUS LES MERS p. 122 « son hélice chez Scott, de Glasgow… » 

(6) Les chantiers Scott construisirent entre 1913 et 1978 un total 42 sous-marins. Les sous-marins de poche qui étaient une des spécialités de la maison Scott s’illustrèrent durant la deuxième Guerre Mondiale au service du S.O.E . dans des opérations comme l’opération Fortitude. Les sous-marins Scott acquirent la réputation d’être très silencieux comme l’atteste cette opération dans le Pacifique en 1959 où l’un d’eux au service de la Royal Navy réussit l’exploit de faire surface au milieu de la flotte de l’U.S. Navy sans être repéré.

(7) John Scott Russell (1808-1882), né à Glasgow, est l’un des pères de l’architecture navale britannique de la révolution métallique. Après une première expérience dans la Clyde il se lança dans la création de son propre chantier dans l’estuaire de la Tamise.

(8) Jusqu’à une époque contemporaine de ce roman, la compagnie espagnole Compañia Trasatlántica (Santander, Cantabrie) qui était la concurrente directe de la Compagnie Générale Transatlantique sur ces lignes, protesta vivement contre la concurrence déloyale que lui faisait la compagnie française en lui prenant nombre de clients dans le sens Amérique - Europe en raison de la quarantaine obligatoire de 8 jours imposée par l'administration espagnole. C'est ainsi qu'un nombre signifatif de passagers espagnols passaient par Saint-Nazaire pour rentrer dans la péninsule ibérique. Même avec un voyage en train Bretagne-Espagne, ils gagnaient au minimum 5 jours en évitant une quarantaine dans le port galicien de Vigo.

30/09/2008

L’historien new-yorkais John Maxton Graham invité du CREDIB

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Pour son prochain livre qui traitera du paquebot France/Norway, John Maxtone Graham est venu en Bretagne cet été. Le CREDIB a organisé son séjour nazairien pour lui permettre de se documenter et rencontrer des témoins de sa construction. De son coté l’Ecomusée de Saint-Nazaire lui a été d’une grande aide dans ses recherches documentaires et iconographiques.

Au cours d’une conférence de presse au Holiday Inn organisée par le CREDIB, John s’est prêté avec beaucoup de disponibilité aux questions des journalistes. John, qui « parle aux paquebots », a rendu hommage à son réseau breton d’informateurs qui ont des connexions jusqu’à New-York ! en parlant avec humour du réseau des "Bretons mafioso". Dans son prochain livre sur le paquebot France/Norway il mettra toute l’âme bretonne qui imprègne la construction de ce liner de légende.

Le journal Presse-Océan a titré : J. M. Graham, new yorker en escale à Saint-Nazaire

Il faut dire aussi que John Maxtone Graham est « tombé dans la marmite » tout petit. Sa première traversée de l'Atlantique - il en compte aujourd'hui plus de 200 - remonte à 1930.

À l'âge de six mois, il embarque sur le paquebot Minnewaska avec ses parents à Boston, cap sur Londres. « Banquier à New York, mon père avait été ruiné après le krach boursier de 1929 aux États-Unis. Mes parents sont alors partis vivre en Écosse... », relate dans un français à l'accent so british ce ressortissant new-yorkais, né il y a 79 ans dans le New Jersey.

Un amoureux des paquebots

Depuis 1968 et sa première croisière sur le France, John Maxtone Graham n'a plus jamais cessé de voyager sur les transatlantiques. « Je n'ai jamais payé... I'm very lucky ! J'ai la chance d'être régulièrement invité à bord pour animer des conférences », explique-t-il.

L'ancien marine en Corée puis ex-régisseur de théâtres à Broadway est devenu l'un des meilleurs spécialistes des paquebots, sur lesquels il passe en moyenne sept mois par an. Idéal pour écrire au calme dans sa cabine...

En 1972, John Maxtone Graham signe son premier livre intitulé The only way to cross (La seule manière de traverser) qui connaîtra un bon succès d'édition.

Suivront d'autres articles sur le sujet dans le New York Times et des « beaux livres », dont ceux sur le QM2 sorti des presses en 2004 et sur Normandie, publié en 2007 à Londres et New York aux éditions Norton.

Immersion dans les archives de l'Écomusée

John Maxtone Graham est aujourd'hui en train d'écrire un livre sur le France/Norway. C'est d'ailleurs la raison de sa présence à Saint-Nazaire, où il est déjà venu à plusieurs reprises s'immerger dans les archives de l'Écomusée.

John Maxtone Graham est bien sûr « triste » d'assister à la fin du France dans la baie d'Alang : « Les liners sont comme les êtres vivants : ils naissent, vivent et meurent... ».

Finalement, le seul reproche qu'on puisse faire aux livres du  new yorker c'est... qu'ils sont écrits en anglais ! Avis aux éditeurs français.

Franck Labarre Presse-Océan 06/07/2008

 

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Les éditions new-yorkaises Norton publient un livre monumental sur le paquebot Normandie où les Bretons trouvent leur juste place

L'historien maritime new-yorkais, John Maxtone Graham, déjà l'auteur d'une œuvre importante sur le monde des transatlantiques, du Titanic au Queen Mary 2, offre aux lecteurs américains et britanniques une somme sur le liner Normandie. 66 ans après sa fin tragique dans le port de New-York, ce paquebot de légende provoque toujours une fascination chez les Américains, à la l'image de l'attraction qu'il exerce sur John Maxtone Graham dont les travaux font autorité dans les milieux maritimes d'Outre Atlantique.

Ce beau livre, riche de 200 photographies et illustrations, est une ode à la mémoire du plus majestueux des liners jamais construits. John Maxtone Graham, né dans le New-Jersey en 1929 d'une mère américaine et d'un père écossais, met en valeur tout au long de son livre la place des Bretons et de la Bretagne dans la vie du SS Normandie. Le rôle des Bretons, des ouvriers et ingénieurs de Saint-Nazaire qui l'ont construit aux marins qui l'ont fait naviguer, est constamment rappelé du premier chapitre aux dernières pages de ce livre salué dès sa sortie en librairie par les spécialistes américains.

En raison de ses racines écossaises, John Maxtone Graham, ne pouvait qu'être touché par la place des Ecossais dans la création de notre premier chantier naval moderne par l'ingénieur John Scott de Greenock en 1862 sur la presqu'île de Penhoet. Dans la concurrence que se livra la Cunard et la Compagnie Générale Transatlantique par liners interposés, l'auteur remarque que l'élève breton a dépassé dans les années 1930 le maître de la Clyde avec Normandie, techniquement supérieur à son homologue Queen Mary.

John Maxtone Graham ne manque pas de signaler une évidence souvent ignorée par les spécialistes français, à savoir que Normandie s'il est indiscutablement Français par sa décoration intérieure, est fondamentalement Breton par son architecture navale, domaine dans lequel le savoir-faire breton est une référence internationale dans le milieu très fermé des armateurs.

Espérons une rapide édition en français du travail de l'historien new-yorkais pour les nombreux amoureux de ce paquebot de légende de ce coté –ci de l'Atlantique.

Hubert Chémereau

Norton publishers, New York, are producing a monument about S.S. Normandie, giving their due place to Breton people.

John Maxtone Graham ,the New Yorker and marine historian, after offering an important work on the world of transatlantic ships , from Titanic to Queen Mary II, is now presenting American and British readers with a considerable book about the liner Normandie. Sixty six years have now elapsed since she so tragically ended in the port of New York, but this mythical ship still fascinates American people, and first of all John Maxtone Graham, a renowned historian in the world of seamen over the Atlantic. This very fine book, with its 200 photos and illustrations, is an ode to the memory of the most majestic liner ever built. John Maxtone Graham was born in New Jersey in 1929, from an American mother and a Scottish father. All through the book, he gives recognition to the part Breton people and Brittany took in the existence of S.S. Normandie. From the first chapter to the last pages of the book the Breton workmen and engineers of Saint Nazaire who built her, the Breton seamen who sailed her, all are constantly remembered and recalled. The book was warmly welcomed by American experts on its coming out. John Maxtone Graham's Scottish roots gave him a strong feeling for the Scotsmen who created in 1862, in Penhoet, the first modern shipyard, with John Scott, an engineer from Greenock. Our author notes that in the competition between Cunard and Compagnie Générale Transatlantique through their liners , in the thirties, the Breton learners outdid the master from the Clyde in the building of Normandie, technically better than S.S. Queen Mary. John Maxtone Graham does not fail to put forward as obvious, while French specialists ignore it, that Normandie is undoubtedly French in her decoration , but basically Breton in its naval architecture - a field where Breton savoir-faire in an international reference for ship-owners. All lovers of those mythical liners, this side of the Atlantic, are hoping for a publication, soon, in French, of this historical work of John Maxtone Graham.

NORMANDIE, by John Maxtone-Graham 260 pages, illustrated. W.W. Norton, London, 2007, 100 €

 

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