Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/02/2010

Fresque humaine 44 = BZH

BRETAGNE REUNIE et le collectif des jeunes 44 = BREIZH donnent rendez-vous le samedi 27 février 2010 à Nantes/ Naoned pour une grande démonstration festive pour l'unité de la Bretagne.

Le Centre de Recherche & Diffusion de l'Identité Bretonne soutient cette initiative originale qui montrera une nouvelle fois la vitalité collective du peuple breton qui aspire à vivre dans un pays enfin réunifié.

 

affichefresquehumaineweb.jpg
La question de la partition administrative de la Bretagne, avec les discriminations qu'elle engendre pour les habitants de Loire-Atlantique, est regardée de près par les instances européennes. C'est ainsi que les responsables de Bretagne Réunie ont été reçus très officiellement par le président du Conseil de l'Europe pour exposer les conséquences de ce découpage administratif arbitraire.
Festimanif Gwenn.JPG
La jeunesse bretonne est à la pointe du combat pour l'unité de la Bretagne

Nous écrirons 44 = BRETAGNE

Tous et toutes ensemble, réunissons-nous dans le port maritime de Nantes, entre la grue jaune et les Machines de l'Île, pour la réalisation d'une immense fresque humaine pour la Réunification. Dans une ambiance festive et fraternelle c'est chacun d'entre nous qui comptera pour écrire un nouvel avenir pour la Bretagne . La fresque humaine sera filmée et photographiée depuis un hélicoptère.

«L'Île de Nantes » regroupe des lieux aussi symboliques de l'identité bretonne et maritime de Nantes, que l'Île St-Anne et la Prairie au Duc. C'est en ces lieux que s'est épanouie la construction navale nantaise et où que s'est développé le mouvement ouvrier nantais si emblématique de la bretonnité de la capitale bretonne. On trouve aussi sur « l'Île de Nantes » des noms de rues, de places et d'avenues liés à l'histoire nationale de la Bretagne comme Conan Meriadec, Pierre Landais, Arthur III ou François II.

Pour une Bretagne unie et solidaire rendez-vous à 14 h aux Machines de l'Île à Nantes. Sans le 44 pas de Bretagne !

Evit Breizh unvan ha kengred, emgav da 2e abardaezh e tal-kichen Mekanikoù an Enezenn e Naoned. Hep 44 Breizh ebet !

 

13:56 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (2)

04/01/2010

BREIZH – CYMRU 2010

Autocollant BZH CYM.jpg

L'année 2010 va être riche d'échanges avec le Pays de Galles pour le Centre de Recherche & Diffusion  de l'Identité Bretonne de Sant-Nazer / Saint-Nazaire. Le premier rendez-vous avec nos amis gallois sera en mars prochain à l'occasion du vernissage d'une exposition au Musée municipal de Pontypridd. Le CREDIB, en étroite relation avec la Ville de Trignac et l'Institut Culturel de Bretagne, a entrepris un travail en collaboration avec les responsables du Musée municipal de Pontypridd qui pilote ce projet d'exposition itinérante mettant en valeur les liens entre la Bretagne et le Pays de Galles à travers le charbon.

L'exposition « De Cardiff à Trignac » créée en 2007 en sera le fil conducteur. Le Musée National des Mines de Blaenavon (Big Pit), l’Université de Glamorgan et le Musée de l’héritage minier du Rhondda ont fait part de leur vif intérêt en s'associant au projet. Cette exposition sera bilingue anglais-gallois avec des résumés en français et breton.

Le Big Pit National Coal Museum http://www.museumwales.ac.uk/en/bigpit où elle sera présentée reçoit un nombre très important de scolaires bretons et français. L'élu de la majorité municipale travailliste de la Ville de Pontypridd chargé du dossier a fait adopté à l'unanimité le principe de la présence de la langue bretonne dans cette exposition en référence aux très bonnes relations qui se sont tissées depuis 2007 avec les Bretons de Trinieg / Trignac dont les Forges fonctionnèrent durant 50 ans (1880-1931) avec du charbon de Cymru.

 

La venue de l'équipe nationale de rugby du Pays de Galles en septembre 2007 dans le pays nazairien et l'arrivée de milliers de supporters gallois à Nantes/ Naoned ont laissé de très bons souvenirs en terre bretonne.

 

U Montoir BZH 1.JPG

Le super marché U de Montoir de Bretagne partenaire du CREDIB durant le Mondial de rugby 2007 afficha fièrement les couleurs bretonnes et galloises.  Photo Paul Le Bris

 

mondial rugby 2007 A.JPG

En signe de bienvenue aux supporters gallois, le pub irlandais John Mc Byrne de la capitale bretonne, situé dans le quartier du Bouffay, afficha lui aussi l'amitié interceltique avec Gwenn ha du, drapeaux gallois et irlandais. Photo Alan Haye

18:15 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (2)

04/12/2009

Armand Gatti et la MJEP dans les « années de Breizh »

A l'occasion de la sortie du livre Ces canards qui volaient contre le vent Armand Gatti à Saint-Nazaire qui retrace l'aventure culturelle de Gatti et de sa « Tribu » (septembre 1976-février 1977) on a pu entendre et lire beaucoup de choses sur le Saint-Nazaire de l'époque. Par contre on n'a rien lu sur l'expérience de la MJEP (Maison des Jeunes et de l'Éducation Permanente) qui, dans les années 1970, fut un espace de liberté formidable, en particulier pour les jeunes du pays nazairien. On ne peut que saluer la mémoire d'Etienne Caux, maire de Saint-Nazaire jusqu'en 1982, qui engagea la municipalité dans cette expérience. Rendons aussi hommage au directeur de la MJEP de l'époque, Gilles Durupt, pour un esprit d'ouverture qui contraste fortement avec la culture encadrée du Saint-Nazaire 2009.

GATTI.jpg

Les jeunes étaient alors les acteurs directs de la programmation artistique et avaient la possibilité d'exprimer leurs engagements politiques. On trouvait une presse très militante. En toute liberté, des groupes montaient et jouaient des pièces ayant pour thème les marais salants menacés par les promoteurs ou sur l'école. Les murs de la MJEP témoignaient régulièrement de cette effervescence, avec des affiches de soutien aux prisonniers politiques bretons et basques, contre la prison de Long Kesh en Irlande du Nord, la lutte des Indiens d'Amérique, contre les projets d'EDF au Pellerin et à Erdeven, pour les insoumis au service militaire, la liberté des femmes ou la lutte des paysans travailleurs.

La culture bretonne avait alors toute sa place avec des cours de breton. Les cours de danses bretonnes de Georges Paugam étaient très fréquentés. C'était un excellent pédagogue qui, comme militant breton et cégétiste, avait une approche « révolutionnaire » en expliquant la danse étudiée dans son contexte socio-culturel avec le visionnage de films qu'il avait tournés avec sa femme aux quatre coins de la Bretagne. Il racontait malicieusement qu'en ses « années de Breizh », il y avait souvent des actions du FLB dans les secteurs où il avait fait quelque temps auparavant son travail ethnologique. C'est aussi à la MJEP qu'a mûri le projet du lycée Expérimental autour de débats très riches. Celui ou celle qui n'a pas vécu cette expérience a du mal à le croire, tellement on est aujourd'hui aux antipodes de ces années-là. C'est vrai que le discours officiel veut que le Saint-Nazaire d'avant les années 80-90 fût triste et sans beaucoup de vie culturelle...

Nombre d'habitués de la MJEP ont ressenti la venue de Gatti et de sa troupe la « Tribu » comme l'arrivée d'une culture parachutée très « parisianiste » qui portait en germe la volonté de contrôle de la vie culturelle nazairienne par les politiques. Comme le rappelle un témoin de l'époque « Les tirages autour de Gatti et sa "Tribu" entre les deux grands partenaires de gauche à la municipalité mirent en lumière cette volonté de mainmise institutionnelle sur la marmite culturelle nazairienne ». Pour d'autres « C'était une entreprise de division des masses populaires. Un moyen de détourner des vrais problèmes ». Alors qu'à l'origine les communistes avaient dénoncé cette « entreprise de division de la classe ouvrière », ils ont fini par applaudir cette opération politiquement correcte qui fut finalement tournée en dérision par les libertaires.

La problématique de Gatti et sa « Tribu » était tournée vers le soutien aux dissidents d'URSS et la dénonciation de la psychiatrie du régime soviétique. Il n'y avait pas de place pour la question bretonne qui était pour eux hors sujet ! Un militant breton qui posa un jour une question sur le problème des nationalités à Léonid Pliouch qui affirmait son identité ukrainienne, avait été regardé par nos maîtres à penser comme un Martien. On sentait bien que pour eux cela ne faisait pas partie de l'expérience. Le grand leader syndical nazairien, Paul Malnoe, le dit pourtant clairement dans la vidéo restaurée 30 ans plus tard où, devant des photographies qui retracent les luttes ouvrières depuis les années 1930, il déclare pour expliquer le contexte socio-culturel local « La région nazairienne c'est la Bretagne !».

Tracts distribués en ville et à la MJEP – Archives CREDIB -

Mjep FLB St Naz 1976.jpg

Lors de la rafle anti FLB de janvier 1977, un groupe important tenta d'intervenir pour dire que la répression n'était pas qu'en URSS mais aussi ici en Bretagne. Leur demande ne fut pas prise en compte par l'équipe de Gatti. Et pourtant les arrestations de militants bretons dont celle d'un prof de Saint-Nazaire provoqua le siège du commissariat de la ville par une soixantaine de personnes selon la presse. L'équipe des cinéastes de Gatti ne filma pas cette colère nazairienne... Les policiers s'étaient retranchés dans le commissariat pour repousser la prise d'assaut par des jeunes criant « libérez nos camarades » ou « Bretagne libre ». Des petits malins avaient coincé les avertisseurs des voitures de la police. Un solide gaillard pris dans cette ambiance survoltée avait tenté de forcer la porte. Dans Ouest-France on pouvait lire « La dislocation du rassemblement eut lieu vers 22 h 30 sans qu'il y ait incident : seul le bris d'une vitre du commissariat est à signaler ». Dans un tract un appel à une réunion à la MJEP été lancé pour organiser la riposte. Début février, lors de la venue de Boukovski, qui venait remercier les Nazairiens pour leur soutien à sa sortie de l'enfer psychiatrique soviétique, des tracts pour que les droits du peuple breton soient aussi pris en compte étaient distribués à l'entrée d'une MJEP pleine à craquer. Sous la plume de Marc Kravetz,Le journal Libération rapporta avec une certaine condescendance que la question basque s'invita aussi, sans plus de succès. Combat Breton 17 1977.jpg


Cet épisode de la vie nazairienne montre qu'il est nécessaire que les Nazairiens se réapproprient leur propre histoire. Ils ne peuvent être spectateurs d'une histoire culturelle et sociale de leur ville qui serait réécrite par les institutions et leurs relais en place.

Remerciements à tous les acteurs de la MJEP qui ont donné leur témoignages.


Le mensuel Combat Breton de janvier 1977 dénonçant la répression de l'Etat français en Bretagne. Journal dans lequel écrivaient plusieurs Nazairiens habitués de la MJEP – Archives CREDIB -

16:01 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (4)