Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/02/2011

Sant-Nazer à la recherche de la ville disparue

Le passé long de Sant-Nazer, après avoir été enfoui dans les ruines de la ville du XIXe siècle, a été effacé par la Deuxième Guerre mondiale comme par la Reconstruction. C'est ainsi que le site historique du bourg des pilotes, né au XIIIe -XIVe siècle, que les Nazairiens d'avant guerre considéraient comme le « Vieux Saint Nazaire », est devenu un folklorique «petit Maroc» qui allait prendre rang de dénomination officielle par volonté municipale en 1985. La mémoire nazairienne est ainsi maintenue dans les profondeurs d'une l'amnésie collective...

Sant Nazer Kozh 1860.jpg

Le Vieux Sant-Nazer en 1860, folklorisé en "petit Maroc" en 1985

Certains urbanistes vont jusqu'à parler du « plateau du petit Maroc » dans leurs projets immobiliers sur le Rocher de Saint-Nazaire. Le capitaine Jean d'Ust, qui défendit en 1380 l'indépendance bretonne dans le fort situé à l'extrémité du rocher, sur lequel fut construite l'église du XVe siècle, doit se retourner dans sa tombe !

Sur les plus vieilles cartes maritimes, alors que le commerce maritime breton prenait son essor, le site de Sant-Nazer / Saint-Nazaire est mentionné. Sur une carte conservée au British Museum, Saint-Nazaire est écrit dans sa forme bretonne, la forme française n'arrive que beaucoup plus tard. Nous reproduisons ici un texte d'André Daniel, extrait de son livre sur Saint-Nazaire, qui nous rappelle l'importance de la mer dans la vie quotidienne de ses habitants et nous fait toucher du doigt l'âme bretonne qui imprégnait les lieux et qui marquait tant les marins qui y débarquaient.

Sant Nazer Kozh.jpg

« A la pointe est du Rocher, le plus près possible de l'eau, presque au point géométrique où l'estuaire fait place à l'Océan, se dresse la petite église avec son clocher. Elle a fière allure vue de la mer, et elle sert d'amer aux navigateurs qui recherchent l'abri du fleuve. Pour mieux incarner le havre qu'elle sait leur annoncer, l'église, au lieu du coq, a placé la Main du Bon accueil qui s'ouvre vers la terre. Elle annonce ainsi la fin du périlleux voyage et tous ses maux. Mais autour de l'église, encore plus près du rivage, les croix du petit cimetière, aussi serrées que les maisons du bourg, et encore plus menacées par la mer, rappellent à ceux qui vont en mer la fragilité de leur existence ».

André Daniel, Sant-Nazer, 2001