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24/05/2010

Maurice Chauvet

Le Breton Maurice Chauvet vient de rejoindre le paradis des guerriers celtes, qui furent si nombreux à lutter pour la liberté contre le monstre nazi. Il était né en 1918 dans la petite commune bretonne du Gâvre, dans le nord du pays nantais. Par respect pour sa mémoire, il est important de souligner son attachement viscéral à la Bretagne. En souvenir de ce grand Breton, nous reproduisons des extraits de l'interview qu'il avait accordée en 2004 à Hubert Chémereau. Cet entretien a été publié en janvier 2005 dans le mensuel Le Peuple Breton et repris dans le livre de Jean-Jacques Monnier Résistance et Conscience bretonne 1940-1945 Ed. Yoran Embanner. Nous conseillons aussi la lecture du livre d'un des camarades de combat de Maurice Chauvet, le Breton Gwenn-Ael Bolloré dit Bollinger Nous étions 117, préface de Lord Lovat, Ed France-Empire, 1964.

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Maurice Chauvet en compagnie de PPDA et Pêr Loquet

L’aventure des Free Breton Commandos aux côtés de leurs frères d’armes britanniques

Maurice Chauvet, l’un des derniers survivants du célèbre commando Kieffer qui participa au Jour J, avait tenu malgré son grand âge à être présent au premier « Festival du livre en Bretagne », organisé à Guérande en novembre 2004 par l’association Gourenez. Il se prêta pendant deux jours avec une grande gentillesse aux séances de dédicaces (1) et parla avec beaucoup de chaleur et de vivacité d’esprit de ses aventures au sein des commandos britanniques. C’est à lui que l’on doit le célèbre badge métallique du commando Kieffer. En terre bretonne il l’arborait fièrement, comme le fameux béret vert, ses nombreuses décorations et son pantalon tartan. L’ensemble donnait au personnage un coté légende vivante qui ne manqua pas d’impressionner les enfants présents.

En 1943 il rejoint l'Ecosse pour suivre une formation commando épuisante : « Au camp d’Achnacarry près de Fort William, dans le commando Kieffer, il y avait environ 50 % de Bretons et 40 % de Français ; pour compéter le groupe il y avait aussi d'autres nationalités, en particulier des Espagnols et quelques Américains, sans parler que dans les gars venus du Havre, beaucoup étaient d’origine bretonne. Il faut dire que De Gaulle n’a pas été correct avec les Bretons après la guerre, alors qu’une grande partie desForces Françaises Libres étaient composées de Bretons ! » Dans ce camp d’entraînement des Highlands passèrent des milliers de volontaires venus de toute l’Europe occupée et de bien au delà. Une cinquantaine d’entre eux y laisseront leur vie dans les exercices menés à balles réelles avec force grenades et explosifs en tout genre. Le cimetière factice situé à l’entrée du camp annonçait clairement la couleur aux nouvelles recrues.Chauvet Commando.jpg

Pour illustrer l'internationalisme du recrutement, Maurice Chauvet rapporte qu'à côté de son supérieur, l’Alsacien Philippe Kieffer, son chef était le capitaine Charles Trepel, né à Odessa dont la famille fuyant la Révolution russe, s’était installée en Allemagne. Un brin provocateur pour les gaullistes, Maurice Chauvet aimait déclarer : « mon chef, c'était Trepel et mon patron, le roi d’Angleterre ». Les Français Libres avaient ainsi un côté « Brigades Internationales » né de l’occupation de l’Europe où de multiples nationalités se côtoyaient pour continuer le combat pour la liberté.

Maurice Chauvet se souvient aussi de ces Bretons à l'esprit libre qui refusèrent le système gaulliste : « Il y avait des Bretons dans la Royal Navy au début de la guerre avant la création des FNFL. Ceux qui refusèrent par la suite de se mettre sous les ordres de de Gaulle furent cantonnés jusqu’à la fin de la guerre sans combattre malgré leur volonté de lutter. Des marins de l'Ile de Sein restèrent durant toute la guerre à Portsmouth. Ils n’avaient pas le droit de pêcher. Ils suivaient le dimanche la messe en breton. Il y avait une majorité de Bretons dans les bases des FNFL de Greenock en Écosse et de Saint-Ives en Cornouailles ».

L’histoire officielle passe souvent sous silence les Bretons engagés dés l’été 1940 dans la Royal Navy, encore plus ces marins bretons embarqués sur des navires britanniques tués en septembre 1940 par la marine vichyste devant Dakar au cours de l’opération « Menace ». Comme nombre de marins bretons, le frère de Maurice Chauvet, Michel, se trouvait en face, bien malgré lui, dans cette Marine aux ordres de Vichy. Il allait par la suite rejoindre, la 2ème DB, qui comptait également un grand nombre de volontaires de toutes nationalités, en particulier un fort contingent de Républicains espagnols, eux aussi vite oubliés par le pouvoir français une fois la guerre terminée. Le marin Maurice Chauvet n’a pas de mots assez durs contre la Royale qui s’est déshonorée avec Vichy. Même après guerre elle n’a jamais accepté l’insubordination de ses marins qui pourtant lavèrent le déshonneur de la capitulation en combattant aux côtés des alliés. Dans les années 1960 la reine Elizabeth II rappela dans des discours officiels la valeur de la marine bretonne du temps de l’indépendance et des traditions maritimes partagées avec « la vaillante Bretagne » dont les fils luttèrent aux côtés de la Grande-Bretagne dès juin 1940 quand tout semblait perdu. On ne peut oublier cette « Internationale Bretonne de la Résistance » née dans la grande famille des marins avec tous ces jeunes Bretons qui, de l’Afrique de l’Ouest au Pacifique, allaient rejoindre les Alliés pour embarquer sur les pétroliers et les cargos ravitaillant, au prix de lourdes pertes, la Grande-Bretagne et l’Union Soviétique ou s’illustrer sur les navires de combat.CHAUvet signature 2.jpg

Quand Maurice Chauvet me dédicaça son étonnante bande dessinée à l’esthétique rétro « Fusilier marin commando de la France Libre » c’est tout naturellement un « sincerely » bien britannique qui glissa sous sa plume.

A l’épreuve des questions on ne sait plus d’ailleurs si on a affaire à un Breton de Grande-Bretagne ou à un Britannique de Bretagne…

Hubert CHEMEREAU

(1) Il présentait ses deux derniers livres : it’s a long way to Normandy , Ed.Picollec et Fusilier marin commando de la France Libre, la libération en B.D., Ed. Italiques.

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Cette photographie de Yan Morvan, prise dans l'appartement parisien de Maurice Chauvet, résume bien  l'importance de la Bretagne dans le coeur du vieux guerrier celte. Le Gwenn ha Du cotoie une tenture écossaise au milieu des souvenirs de guerre.

18:58 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (2)

19/05/2010

Eugène Riguidel « Captain Redadeg »

Le coureur des mers Eugène Riguidel est revenu à Sant-Nazer mardi 18 mai pour récupérer sa fidèle « Rieuse » qui a servi pour le passage de la Redadeg entre les deux rives de l'estuaire de la Loire. Il a tenu à saluer ses copains nazairiens avant de faire route sur le Golfe du Morbihan. Ensembles, ils ont pris date pour la prochaine Redadeg en espérant que ce sera une flottille conséquente qui se donnera alors rendez-vous dans la rade de Sant-Nazer pour la promotion du Brezhoneg. La Bretagne, c'est aussi la mer, des rivières, des rias et des canaux ! Dans le futur, les relais de la Redadeg doivent prendre plus en compte la voie liquide.

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Avant de sauter dans « La Rieuse » Eugène a dédicacé «Cap sur l'étrave » à ses potes de Sant-Nazer. Ce recueil de 18 nouvelles écrites avec trois autres compères a été édité au profit de la restauration de « La Patrice », construite en 1966 par le neveu d'Eugène, Marcel Fravalo. Ce livre est un hommage aux constructeurs « amateurs » d'Arradon qui ont créé des merveilles flottantes comme le Guépard. Dans la préface, Eugène Riguidel écrit : « Souhaitons que ce magnifique outil d'apprentissage maritime soit utilisé, un jour, en école de voile traditionnelle, pour que les jeunes apprennent l'aviron, la godille, la voile et fréquentent du milieu marin de belle manière ».Cap Riguidel.jpg

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Eugène a laissé un petit mot dans la boite aux lettres des membres de la Société Nautique de Saint-Nazaire pour les remercier d'avoir veillé sur sa plate durant huit jours. Un Gwenn ha Du ouvre leur site Internet evel just ! :

http://port-desire-44.blog4ever.com/blog/index-254481.html

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A la barre de « La Rieuse » jouant avec les courants et les rochers de la cote nazairienne on l'entendait encore crier à ses copains nazairiens «  Kenavo an distro » avant de gagner An Turball / La Turballe pour une escale technique.

Beaj vat Eugène

18:48 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

13/05/2010

Ar Redadeg débarque à Sant-Nazer

1200 km à travers la Bretagne pour la promotion du Brezhoneg

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Mardi 11 mai 2010 à 11h30, le skipper Eugène Riguidel avec son compère Gildas Flahault et sa fille Lela (1) ont débarqué le premier coureur de la Redadeg pour le passage de relais aux enfants de Skol Diwan Sant-Nazer. Le bateau d'Eugène «La Rieuse» qui venait pour la première fois dans les eaux de l'estuaire de la Loire arborait fièrement les couleurs bretonnes : la célèbre croix noire «Kroaz du»(2) de la Marine Bretonne du temps de l'indépendance et le pavillon de Sant-Nazer. La plate du Golfe du Morbihan faisait la jonction entre le Pays de Retz et Sant-Nazer alors que d'autres coureurs arrivant de Pornic avaient pris place à Mindin sur un catamaran morbihannais. Quelle force symbolique ! que de voir ces frères du Bro Gwened débarquer sur une plage nazairienne en affirmant la force de notre identité collective.

http://ar-redadeg.org/drupal/br/node/49

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Un cameraman de Nantes 7 a couvert l'événement

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Le vent glacial n'entama pas la bonne humeur ni la combativité des participants pour la sauvegarde du Brezhoneg, la langue nationale de la Bretagne. Le témoin de la Redadeg allait passer de main en main pour arriver vers 14h à Gwenrann / Guérande où les enfants de Skol Diwan Gwenrann et le député maire de la Ville, Christophe Priou, allaient prendre à tour de rôle le relais en direction du Bro Gwened.

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Petit clin d'œil à l'histoire : le 11 mai 1945 c'était la libération des Poches de St-Nazaire et de Lorient du joug nazi et le 11 mai 1960 le lancement du liner franco-breton SS France construit aux Chantiers de Penhoet.

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(1) Lela, en digne fille de son père, est déjà une vraie petite louve de mer. A travers elle, qui est scolarisée à Skol Diwan Baod, et ses petits camarades nazairiens, c'est toute une jeunesse bretonne qui aspire à vivre pleinement sa langue dans une Europe multilingue et multiculturelle.

(2) Le « Kroaz Du » était arboré par les navires bretons qui sillonnaient les mers. Après 1532 des variantes de ce pavillon sont encore utilisées par la marine, en particulier par l'Amirauté de Bretagne. L'Amirauté est abolie par la Révolution bourgeoise française de 1789, suivant très fidèlement dans sa politique d'éradication de la nation bretonne, les rois de France, qui lui reprochaient de trop rappeler l'État breton.

 

23:43 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (3)