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07/05/2010

Quand d'Aiguillon devient de « l'Aiguillon »

Les ports bretons de Nantes, Lannion, Le Croisic et Concarneau ont la particularité de posséder chacun un quai dénommé d'Aiguillon. Dans la presse dite régionale le quai de Nantes est régulièrement rebaptisé «de l'Aiguillon». On se demande ce que vient faire le nom d'une baie du Bas-Poitou sous certaines plumes journalistiques, comme on a pu le lire en dernière page du quotidien rennais Ouest France le 20 avril dernier. Cette erreur ne serait-elle pas le signe d'une méconnaissance de l'Histoire de Bretagne, particulièrement criante dans le monde médiatique ?

Pour nos amis journalistes voici quelques éléments expliquant la présence de ce nom dans des ports et sur les cotes bretonnes.

 

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Armand Désiré de Vignerot (1720-1788), duc d'Aiguillon, arrière petit-neveu de Richelieu, est un personnage majeur du règne de Louis XV. Gouverneur de Bretagne de 1753 à 1768 il fit faire de grands travaux en Bretagne au temps de l'affrontement maritime et colonial entre le royaume d'Angleterre et le royaume de France, quand les côtes étaient bloquées par la flotte anglaise. Les Bretons sont dans ce conflit, à la fois victimes et spectateurs des rivalités de ces deux royaumes.

Le titre de gouverneur est essentiellement militaire. Le duc d'Aiguillon est chargé de la défense de « la Province de Bretagne ». Avec des subsides de l'État royal, d'Aiguillon fit des aménagements portuaires et édifia des tours dont l'une sur la cote nazairienne porte encore son nom. Il réorganisa les forts et les batteries, obligea paysans et pilotes à participer aux corvées comme pour la reconstruction du pont de Méan et du Grand Chemin de Guérande. Il restructura les milices de garde-côtes que le général de paroisse recrutait parmi les hommes de 16 à 60 ans.

Dans son action, le duc d'Aiguillon, très autoritaire et soucieux du pouvoir royal, s'opposa, dans un conflit célèbre, au Procureur du Parlement de Bretagne, La Chalotais, défenseur "des franchises de la Province", que les Bretons considéraient alors comme des droits imprescriptibles de la nation bretonne. Si le personnage n'est pas recommandable, son nom accolé à un quai nantais se comprend aisément pour toute personne ayant un minimum de connaissance de l'Histoire de Bretagne.

17:06 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

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