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25/11/2009

Mona Ozouf et l'Ordre de l'Hermine

La grande historienne bretonne Mona Ozouf a été décorée du collier de l'Ordre de l'Hermine par l'Institut Culturel de Bretagne le 21 novembre 2009 à l'occasion du Festival du livre en Bretagne de Guérande / Gwenrann. Cette haute distinction bretonne a été créée en 1381 par le duc de Bretagne Jean IV. Dès ses origines, cet ordre chevaleresque a été ouvert aux femmes et s'inscrivait dans l'affirmation de la souveraineté de l'État breton.

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Mona Ozouf en compagnie d'un autre herminé, Per Loquet, Président du Festival du livre en Bretagne de Gwenrann

Présent lors de la cérémonie, l'écrivain navigateur suédois, Björn Larsson, président d'honneur du festival du livre en Bretagne de Guérande, a déclaré à un grand quotidien: « l'histoire et la culture celtique ont survécu sans État-nation, sans militaires et parfois même sans langue. Il y a quelque chose de fort, d'énigmatique qui dure depuis 300 ans ».

Le quotidien espagnol El Pais publiait le 22 novembre une interview de Jordi Pujol, grand ami des Bretons et lui même herminé en 1993. Il a déclaré au journaliste Lluis Bassets que: «  surtout dès le 16e siècle les grands Etats européens consolidèrent leur territoire et assimilèrent tout ce qui ne correspondait pas au noyau central original. Les Français qui avaient détruit la culture occitane et qui avaient conquis la Bretagne peu avant, se consacrèrent à la francisation de la Bretagne et à éliminer le flamand et le basque, et à partir de 1659 ils se consacrèrent à éliminer le catalan » (Desde el siglo XV, pero sobre todo clarísimamente desde el siglo XVI, los Estados europeos grandes, los que se consolidan, que son España, Francia, Gran Bretaña e incluso países menores como Suecia (Alemania, no; estaba destrozada), se dedican a consolidar su territorio y a asimilar todo lo que hay dentro que no responde al núcleo central original. Los franceses, que habían destruido la cultura occitana y que habían conquistado Bretaña poco antes, se dedican a afrancesar Bretaña y a eliminar el flamenco y el vasco, y a partir de 1659 se dedican a eliminar el catalán ).

Le collier de l'Ordre de l'Hermine à Sant-Nazer

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L'ordre de l'Hermine a une place particulière à Sant-Nazer / Saint-Nazaire. En effet quand on franchit la porte de l’église du grand port breton, on est frappé par les évocations à l’Histoire de Saint-Nazaire et de la Bretagne. Ainsi, sur la clef de voûte centrale de la nouvelle église de Saint-Nazaire inaugurée en 1891, le Duché de Bretagne est présent avec ses armoiries et l’évocation des ordres chevaleresques bretons de l’Hermine et de l’Epi. La représentation du collier de l’Ordre de l’Hermine ne peut qu’interpeller le visiteur. Ce symbole de la nation bretonne souveraine dans un édifice construit après la fin de l'État breton et parvenu jusqu’à nous est unique en Bretagne. Pour en savoir plus, le CREDIB conseille de consulter les actes du colloque de l'ICB «  Des Chevaliers de la Table ronde à l'Ordre de l'Hermine ».

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13/11/2009

Gwenrann Football Gaélique

 

Après Brest, Liffré, Nantes, Rennes, Saint-Quay-Perros et Vannes, Guérande rejoint la Ligue Bretonne de Football Gaélique. Le traditionnel Beach Gaelic de Pornichet soutenu par le CREDIB a fait des émules dans le Pays Guérandais avec la création en septembre du Gwenrann Football Gaélique. Le sport favori des Irlandais trouve de plus en plus d'amateurs en terre bretonne.

Gwenrann Football Gaélique - Siège social: 4, allée de l’Ile d’Yeu, 44350 Gwenrann

 

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Lors du traditionnel Beach Gaelic de Pornichet le 13 Juin 2009 ce sont les Sangliers de Liffré qui avaient remporté le trophée face à des Nantais particulièrement motivés. le Plat des Korrigans, Plad Ar C'horriganed qui est remis aux vainqueurs du tournois est lié à cette légende du Bro Gwenrann qui rattache le fameux plat à la grotte des Korrigans située entre le Bourg de Batz et Le Pouliguen.

 

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Les joueurs se concentrent avant la finale

 

20:16 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

02/11/2009

La pratique du brezhoneg à Trignac entre 1880 et 1940

Le CREDIB Sant-Nazer, Centre de Recherche et Diffusion de l'Identité Bretonne, recherche des témoignages sur la pratique de la langue bretonne à Trignac / Trinieg avant la Seconde Guerre Mondiale. Une importante communauté brittophone a marqué la vie sociale de la commune ouvrière briéronne durant plus de 60 ans. Au cours de la Révolution industrielle en Bretagne, les Forges de Trignac créées en 1880 ont été le creuset d'un brassage linguistique et culturel original jusqu'à leur fermeture en 1932. On y entendait à côté du français et du breton, du gallo de Brière et du pays de Redon, de l'espagnol, de l'allemand, du polonais, de l'italien, du tchèque, ...

 

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« Mon arrière grand-mère qui ne parlait que breton écoutait dans les années 1930 les émissions en gallois de la BBC : elle en comprenait une partie et disait dans un français approximatif "moi comprends! " »

« Jusqu'à l'age de 5 ans je ne parlais que le breton. J'ai commencé à apprendre le français en septembre 1929 à l'école de Landevant. Ma famille arrive à Trignac début 1930 où mon père avait trouvé du travail aux Forges »

« On n'avait pas ce complexe des adultes vis-à-vis du français »

« Ma mère ne parlait pas français. Elle avait des difficultés dans les commerces. Je me souviens avoir vu avec elle le film « La Brière » en 1930 ou 31: je devais lui traduire les textes ce qui énervait certains spectateurs qui ne supportaient pas les chuchotements »

«  Les bretonnants formaient une communauté : ils se retrouvaient pour parler leur langue. Il existait une certaine honte chez ceux qui parlaient mal le français »

« Aux Forges le breton était très répandu parmi les ouvriers »

«  Il y a quelques années en faisant du rangement après la mort de ma grand-mère j'ai trouvé un livre de messes en breton »

Ces témoignages de personnes nées dans les années 1920-1930 mettent en évidence la présence du breton parlé par une partie importante de la population de Trignac / Trinieg jusqu'au début des années 1940 et qui n'a jamais fait l'objet de recherches. Si l'on étudie les registres de recensements et les travaux du chercheur Bernard Hazo (1) on constate qu'entre 1880 et 1930 c'est environ 40 % de la population trignacaise qui arrive du Morbihan dont plus de la moitié des zones brittophones. Si l'on ajoute les habitants arrivés du sud Finistère, c'est en moyenne 20 % des Trignacais, soit environ 1000 personnes qui pratiquent quotidiennement la langue bretonne entre 1880 et 1940 avec 1/4 de monolingues jusque dans les années 1920.

Lors d'une manifestation à Trignac en mai 2009, un retraité de la CGT portait une pancarte avec cette mention en breton ironisant sur la revalorisation des pensions de retraites par le gouvernement de Nicolas Sarkozy : « Trugarez bras St-Nicolas. Boued ar groug » (Grand merci St-Nicolas. Gibier de potence). Ce fait qui peut paraître anecdotique montre que la langue bretonne est encore dans le cœur et l'esprit de nombreux Trignacais. Voilà un beau sujet de thèse pour un étudiant.

1- Bernard Hazo, chercheur au CNRS et spécialiste du mouvement ouvrier trignacais

 

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Les Forges de Trignac, haut lieux des luttes ouvrières bretonnes, hantent encore en 2009 la mémoire briéronne


 

14:40 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (6)