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23/10/2009

Des Australiens dans « l' Opération Chariot »

Une délégation du CREDIB a accompagné en mer un couple de jeunes Australiens venus en Bretagne pour refaire le parcours de l'expédition britannique, qui dans la nuit du 27 au 28 mars 1942 allait changer le cours de la « Bataille de l'Atlantique » en rendant inutilisable la forme Joubert. Matthew Stutels est ainsi venu de Sydney avec son épouse Elizabeth pour rendre hommage à son grand-père qui participa au raid britannique. Il avait rejoint la Grande-Bretagne au début de la guerre pour la défense de la liberté. Sa famille, originaire de Bavière est arrivée en Australie en 1860.

 

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Credit photo: Bruno Bouvry

Le grand père de Matthew Stutels, matelot de la Royal Australian Navy, avait été versé dans la Royal Navy car c'était un spécialiste du sonar, un système de sondeur sonore. Celui qui était embarqué sur les vedettes lance-torpilles qui accompagnaient le destroyerCampbeltown était du type ASDIC. Pour ce raid de nuit dans un estuaire de la Loire encombré de bancs de sable et d'épaves, le sondeur était un homme clef pour la réussite de l'opération. La vedette (1) du dit grand-père, matelot spécialiste donc, a débarqué des hommes du commando près du môle nord et a pu regagner le large sans trop de dommages. Le convoi britannique était parti de Falmouth, port du sud de la Cornouaille britannique.

 

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Collection David Silvestre

Les marins de la Royal Navy payèrent un lourd tribut au cours du raid avec la perte de plusieurs vedettes de type MTB qui, sous la mitraille allemande, s'enflammaient facilement du fait de leur structure en bois. Jean Cévaër, du CREDIB a pu apporter à nos amis australiens son témoignage : « En août 1952, étudiant en stage linguistique près d'Edinburgh, je faisais de l'auto stop dans le centre de l'Écosse et j'ai été pris en charge par un Ecossais d'une quarantaine d'années. Quand je lui ai dit que j'étais Breton et que je venais de Saint-Nazaire, il m'a dit que c'est là qu'il avait passé la plus mauvaise nuit de toute son existence. En effet, marin sur un MTB, il fut coulé une première fois, sauvé par l'équipage d'un autre MTB qui fut coulé à son tour, il fut sauvé une seconde fois par les marins d'un troisième MTB avant de reprendre la mer pour rejoindre la Grande-Bretagne. »

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Matthew Stutels rappela à ses amis bretons qu'il n'y avait plus qu'un Australien survivant de « l'Opération Chariot ». Aux côtés des Anglais, Ecossais Corniques, Gallois et Irlandais, les commandos et la Royal Navy comptaient nombre de ressortissants d'Australie, de Nouvelle Zélande, d'Afrique du Sud et du Canada. Nos amis Australiens ont pu découvrir avec les explications des membres du CREDIB la route maritime prise par les navires britanniques. A l'exploit militaire, on doit ajouter la prouesse maritime. Pour déjouer la vigilance des Allemands, les Britanniques arrivèrent à l'entrée de l'estuaire de la Loire par le sud. On pouvait ressentir l'émotion de Matthew à l'approche du port de Saint-Nazaire où son grand-père débarqua ses camarades il y a 67 ans.

1- Composition de l'équipage d'une vedette lance-torpilles MTB (Motor Torpedo Boat) : 1 enseigne de vaisseau 1re classe (commandant) - 1 enseigne de vaisseau 2e classe (second) - 1 second maître de manœuvre (patron) - 1 timonier - 2 canonniers - 1 torpilleur - 2 radaristes - 2 transmetteurs TSF - 3 mécaniciens

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17:06 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

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