Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/09/2009

Le Breton Aristide Briand

 

Aristide Briand, un grand homme dont l'identité bretonne dérange

 

Nantais par sa naissance, Nazairien par sa jeunesse, Aristide Briand a toujours revendiqué sa qualité de Breton comme dans l'introduction de l'Illustration Économique de 1924, où dans une envolée lyrique il parle avec passion des « Bretons de Loire-Inférieure ». Il est bon de rappeler cette évidence quand on constate que pour le 50e anniversaire de la cité scolaire de Saint-Nazaire qui porte pourtant son nom, son attachement à son pays natal est sciemment occulté! Rien d'étonnant quand l'on connaît le contrôle politique très pesant qu'exerce la région artificielle dite « pays de Loire » sur les lycées de Loire-Atlantique. Sans oublier que cette pseudo région n'existait pas en 1959 lors de la création de la cité scolaire nazairienne. Jusqu'en 1962 la Loire-Atlantique faisait partie de l'Académie de Rennes, mais c'était sans compter sur les politiciens comme Olivier Guichard qui créèrent une nouvelle académie pour démembrer la Bretagne et créer leur fief électoral.

A-BriandNantes29-03-07MYC-Lourd.jpg

L’homme d’État, prix Nobel de la Paix 1926 et père de l’idée européenne, né à Nantes en 1862, s'affirma toute sa vie avant tout comme Breton ! Comme le rappelle le site officiel du Prix Nobel qui souligne : Il avait reçu en héritage beaucoup de l’âme bretonne. Il fascinait par sa personnalité subtile voire insaisissable. Son habileté de négociateur et son éloquence légendaire furent déterminantes dans la recherche d’une paix durable en Europe. Il avait une certaine allergie pour l’écrit comme pour la lecture. Cette primauté de l’écoute et de la parole lui venait de sa jeunesse nazairienne fortement influencée par les méthodes pédagogiques d’un de ses professeurs.

En 1892 avec son aide naît le premier syndicat ouvrier de Brière. Il aimait parlé de ses Brièrons qu’il ressentait presque instinctivement comme les moteurs des luttes ouvrières de la Navale nazairienne. Les Brièrons le lui rendent bien en faisant appel à ses talents d’avocat pour défendre leurs droits inaliénables sur leurs marais accordés par l'État Breton en 1461.

Comme l'écrivit la philosophe Louise Weiss « Ce Breton, il avait bien plus rêvé de combler le fossé de la Manche que celui du Rhin ». Le Nazairien était en effet très apprécié en Grande-Bretagne où il entretenait depuis la 1ère Guerre Mondiale d’étroites relations avec le Premier ministre Lloyd Georges. Aux sautes d’humeur du Gallois, le Breton répondit un jour, peu diplomatiquement :  « Il commence à m’embêter, ce Breton, avec son éternelle scène de rupture. On dirait une vieille cocotte ! » On pourrait voir dans cette répartie d'Aristide Briand – connaisseur de l’Histoire de Bretagne - une connivence certaine liée à leurs origines brittoniques communes. Grâce à ses talents de conciliateur, l’impétueux Gallois très attaché à son identité celtique eut un rôle fondamental dans la reconnaissance de l'État d'Irlande. Aristide Briand salua « La nouvelle de l’heureux règlement de la question irlandaise que vous avez su, malgré de si graves difficultés, mener à bonne fin ». Ces deux séducteurs avaient des personnalités très fortes, renforcées par leurs origines modestes, avec des débuts politiques très à gauche. Ils passaient souvent pour des esprits brouillons avec leur dilettantisme qui détonait dans le microcosme diplomatique. Le « sorcier gallois » et « l’arrangeur breton » - comme la presse les qualifia - ne pouvaient que se comprendre.

Aristide Briand meurt en 1932, l’année de la fermeture des Forges de Trignac, célèbre dans l’histoire du mouvement ouvrier breton pour la grande grève de 1894. Comme le leader nazairien qui était venu soutenir les grévistes, le socialiste Alexandre Millerand déclara : « En venant en Bretagne nous irons de communes en communes porter la bonne parole jusqu’à la conquête définitive de la presqu'île bretonne par le socialisme ».

Non ! notre illustre compatriote ne pourra jamais être qualifié par les gens du palais « des pays de Loire » de « ligérien », mot qui aurait été totalement incompréhensible pour le Breton du Pays Nantais qu'il était.

Les commentaires sont fermés.