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29/08/2009

Divan nazairien

Saint-Nazaire a-t-il besoin d'une psychanalyse pour retrouver Sant-Nazer ?

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Le quotidien rennais Ouest-France a publié un intéressant article cet été sur le Brest d'avant-guerre. On aimerait lire la même chose sur Saint-Nazaire, mais ne rêvons pas ! Alors qu'à Brest les responsables de la Reconstruction ont toujours assumé leur politique de la table rase, dans le grand port du sud Bretagne, c'est plutôt le déni qui a prévalu. Avec, comme fait aggravant, l'histoire municipale actuelle qui est toujours dans ce déni doublé de plus d'une négation obsessionnelle du passé très ancien de Saint-Nazaire. Comme à Brest, on a assisté à la destruction volontaire de nombreux bâtiments et immeubles de caractère qui feraient aujourd'hui le charme de Saint-Nazaire. Heureusement que le secteur de la rue de la Havane et de l'Avenue de Santander a résisté aux promoteurs dans les années 1960-70.

On aimerait lire le même genre de chose pour Saint-Nazaire:

OF Brest: En bas, la mer... Et une rue, pour l'atteindre: la fameuse rue de Siam. « Son nom, précise notre guide, lui vient des trois ambassadeurs que le roi de Siam délégua en 1686 auprès de Louis XIV. Il procure à notre ville maritime et coloniale une note d'exotisme qui lui sied.» Difficile, dans la large artère actuelle où le chantier du tram bute encore sur des obus, d'imaginer l'historique déambulation entre de hautes maisons serrées !

Alors, cap sur la rue Louis-Pasteur, le guide toujours en mains. Et là vraiment, on se dit que de Brest, il ne reste rien, comme chantait Prévert à Barbara. Où sont les édifices remarquables, les vieilles maisons de ce « Grand chemin » qui conduisait le petit peuple de Brest tout droit à l'arsenal, autrefois ? Et surtout les escaliers qui remontaient la... falaise !!! ? Des immeubles de béton s'alignent, mornes et blancs, autour de la moderne église Saint-Louis. Toute la ville est si plate...

« Le poète avait tort de dire qu'il n'en restait rien en 1944 », précise un spécialiste de ses rues, Gérard Cissé, appelé en renfort pour comprendre. Mais il a été décidé de raser ce qui était encore debout (dont les remparts) et de niveler le sol, pour oublier un passé qui rimait aussi avec insalubrité.

Et pourtant, pour le Vieux Saint-Nazaire, que la toponymie municipale a rebaptisé dans les années 1980 du doux non exotique Petit Maroc amené par les pécheurs douarnenistes dans les années 1920, la politique de « la table rase à la Brestoise » a prévalu dès 1945 pour oublier l'insalubrité liée à ce lieu qui gardait encore des demeures vieilles de plus de 4 siècles (les photos aériennes de la RAF prises après le raid britannique du 28/03/1942 montrent une vieille ville encore loin d'être totalement rasée) et surtout pour faire de la place aux activités du port. Quand l'on pense que Saint-Malo a été plus détruit que Saint-Nazaire...

Pour arranger le tout on assiste depuis 10 ans, avec la fièvre immobilière, à une généralisation obligatoire de cubes pour changer définitivement la physionomie de Saint-Nazaire. Ce qui fait dire à l'écrivain espagnol José Manuel Fajardo dans le supplément dimanche (16/08/2009) du grand quotidien de Madrid El Pais : que la ville a des airs de maquette qui donne faussement une idée de ville sans histoire alors que l'on trouve en centre ville un petit dolmen et le tumulus de Dissignac (con aires de maqueta produce el engañoso efecto de carecer de historia. Al contrario, el viajero puede encontrar un pequeño dolmen a pocos metros de los multicines situados frente a la base submarina, aperitivo del monumental túmulo prehistórico de Dissignac, cuya loma cubierta de hierba, construida hace cuatro mil años, antes incluso de que los egipcios levantaran sus pirámides, se alza apenas a cinco kilómetros.)

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Cette carte postale de la fin des années 1940 est l'exemple même de cette politique de la table rase: en face de l'ancienne gare on découvre un grand immeuble en parfait état qui a disparu dans les années 1950 pour faire place à la « coulée verte » qui depuis a fait place à la nouvelle Maison des Associations.

17:47 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

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