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23/08/2009

Expression maritime de Méan

 

« Ça bout dans la Tara »

 

 

Cette expression bien énigmatique était employée autrefois à Méan. Ce petit port à l'embouchure du Brivet près de Penhoet a eu jusqu'à la fin du 19e siècle une grande tradition maritime avec des chantiers navals fameux et des dynasties d'armateurs, capitaines au long cours et maîtres au cabotage. A l'image du «  Vieux St-Nazaire », ce petit port coloré qui a intégré à la fin du 19e siècle la commune de St-Nazaire, avait un aspect très « typique » avec une forte identité bretonne.

Selon Fernand Gueriff dans son livre «  La Marine en bois du Brivet » (1977) qui rapporte une vieille tradition des marins de Méan : La Tara, c'est le chaudron de la sorcière, mais aussi le nom de la ville mythologique, située au cœur de l'Irlande. Dans le parler local, la Tara s'appliquait aux Roches de Méan, à l'embouchure du Brivet. En effet, lorsqu'il fait très mauvais temps « dehors » - entendez « au large », le ressac s'anime comme un signal d'alarme, l'eau bouillonne entre les récifs comme dans l'antre d'une sorcière. Ce n'est pas le moment de partir en mer, pensaient les vieux marins.

 

Mean port.jpg

 

Il faut aussi savoir que Méan était le lieu de passage obligé entre St-Nazaire-la presqu'île guérandaise avec son fameux pont : le sel et les contrebandiers passaient par là. Gueriff parle de mendiants qui ne parlent que le breton. La présence de paludiers du Bro Gwenrann brittophones et le passage obligé pour aller sur Nantes des voyageurs de Basse Bretagne, plus la présence de marins, explique que le breton était présent à Méan jusqu'à la fin du 19e. Tara aurait un rapport direct avec le mot breton taran : tonnerre qui peut aussi avoir un sens de grognement. Le bruit des vagues sur ces rochers rappelle le tonnerre et le bouillonnement fait penser à un chaudron sur le feu.

Le nom de chaudron, du diable ou de la sorcière etc...est souvent donné à des lieux marins où ça bout, par mauvais temps ....ou même à l'arrivée ou avant l'arrivée du mauvais temps. C'est le chaudron de la sorcière, en Irlande, et il existe une série de livres, très contemporains du genre Harry Potter, et qui s'intitulent «le chaudron bouillonne». La présence d'une communauté irlandaise importante en Bretagne aux 17e et 18e siècle peut aussi être une piste de recherche à suivre. Dans le port de Nantes, les minutes des notaires conservent la mémoire de nombreux enrôlements de marins irlandais sur les navires bretons.

De l'autre côté de l'eau, près de la pointe St.Gildas, il y a un lieu-dit qui se nomme " La Tara " ( à port Giraud, commune de La Plaine ). Avant la 2e guerre mondiale il n'y avait que du sable et 3 baraques dont une cabane d'un relégué de Basse-Indre qui avait appelé sa masure " Ici mieux qu'au bagne".

Voilà quelques pistes à explorer pour trouver l'origine exacte de cette expression disparue avec les derniers bourlingueurs des océans du port de Méan, et qui nous rappelle que le pays nazairien et la Brière ont été jusqu'au début du 20 e siècle un des grands réservoirs de marins de Bretagne.

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