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09/12/2008

Pontkalleg

Le Marquis et le Régent
Une conspiration bretonne à l'aube des Lumières

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Le flâneur qui traverse la place du Bouffay à Nantes a le regard attiré par une plaque fichée dans le sol : Breizh da viken. Ici les défenseurs des libertés bretonnes furent décapités sur ordre royal. 26 mars 1720. Il découvre quatre noms : Pontcallec, Monlouis, Couëdic et Talhouët. Joël Cornette apporte une nouvelle pierre à l’historiographie bretonne en éclairant d’un jour nouveau la conspiration de « L’Association patriotique bretonne ». L’historien en confrontant, analysant et croisant les sources au plus près des archives, rend magnifiquement cette page de notre histoire et souligne la puissance de la construction identitaire de la « nation Bretagne » qui se nourrit de héros tragiques comme le marquis de Pontcallec.

En ce 26 mars 1720, l'aube des Lumières se colorait du sang de fils de l'antique Armorique qui avaient rêvé d'une République bretonne. Si cet espoir de liberté était resté à quai, du coté de Santander avec l'Armada espagnole, la légende de Pontcallec ne faisait que commencer. Pour Joël Cornette, la brutalité de la sentence s'inscrit « dans la construction, l'affirmation et la légitimation d'une monarchie pleinement souveraine ». Pour l’historien, à contre courant de la monté en puissance de l’Etat absolu, ce mouvement de défense de la nation bretonne par son élite aristocratique s’inscrit par son originalité dans « la préhistoire de l’opposition politique ».

Le pouvoir français est alors loin d'en avoir fini avec l'irrédentisme breton qui va prendre de nouvelles formes. Joël Cornette met ainsi en évidence l'influence de l'esprit des Lumières au sein de l'administration bretonne avec la mise en action des corps intermédiaires dans le champ administratif. À la fin du règne de Louis XVI, la Bretagne avait la maîtrise de pans entiers de l'administration publique. L'historien poursuit sa démonstration en épinglant la notion réductrice « d'absolutisme », mot inventé semble-t-il par Chateaubriand en …1797. Il considère « qu'un authentique libéralisme, sinon politique, du moins administratif et gestionnaire, qui se dessine ici à l'œuvre et en action ».

Loin de l’aridité de certains travaux universitaires ce gros livre se lit comme un roman. L’ouvrage est accompagné d’un CD réalisé par Dastum, qui illustre le travail du chercheur à travers onze versions de la Gwerz Marv Pontkalleg.

Taillandier, 476 p., 25 €

1718-1720

« L’Association patriotique bretonne » à Sant-Nazer/Saint-Nazaire

Pour tous ceux qui s’étonnent de la persistance d’une certaine « histoire officielle » qui fait débuter l'histoire de Saint-Nazaire au … 19e siècle, ils apprécieront d'apprendre que la police royale commença son enquête par Saint-Nazaire. Entre le 21 novembre et le 30 décembre 1719, pas moins de 304 personnes vont être interrogées à Saint-Nazaire, dans le pays de Guérande et à Redon. Les interrogatoires se déroulèrent à l'Auberge du Roi de Suède, dans le vieux bourg des pilotes de Loire.

Deux gentilshommes de la paroisse de Saint-Nazaire participèrent à la conjuration de « L’Association patriotique bretonne ». On découvre leurs noms dans la liste des Bretons inculpées dans l’« affaire de Bretagne » (1719-1720) par la Chambre royale :

Louis Le Guennec, Sieur de Kerlédé. Décrété de prise de corps le 15 novembre 1719.

René de La Hay, demeurant à la Motte-Aleman, paroisse de Saint-Nazaire. Détenu à Nantes.

11:43 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

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